• Introduits en Baie de Somme dans les années 1980, les mouflons y ont proliféré, passant de 15 à plus de 500 spécimens.
  • Ils causent d’importants dégâts et ouvrent parfois la voie aux sangliers.
  • Agriculteurs et chasseurs tirent la sonnette d’alarme dans le JT de TF1.

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Le 13H

Des mouflons sur les plages du Nord de la France. Les images du reportage du JT de TF1 ci-dessus ont de quoi surprendre, pourtant elles sont de plus en plus courantes. Originaire de Corse, le mouflon a été introduit il y a plus de quarante ans en Baie de Somme, où il s’est très bien adapté au climat, au point de se multiplier… et de devenir un voisin indésirable pour les agriculteurs. 

Cet été, Lucas Bourgois a découvert une semaine avant la récolte que son champ de blé avait été dévoré par des mouflons. Une mésaventure qui l’a convaincu d’installer une clôture électrique autour de son exploitation, pour un coût de 3.500 euros : « On va mettre quatre fils sur secteur, électrifiés, tout autour. Et on espère, parce qu’on sera un peu les pionniers, on espère que le mouflon ne va pas passer au travers de cette clôture. »

« Le mouflon casse les clôtures et le sanglier passe »

Car l’animal est robuste. De plus, son passage permet souvent aux sangliers de commettre des dégradations encore plus coûteuses, explique Lucas Bourgois : « Le mouflon casse les clôtures et le sanglier, une fois que les clôtures sont cassées, le sanglier passe. C’est association de malfaiteurs », ironise-t-il. Il craint aussi que ces mouflons sauvages transmettent des maladies à ses moutons en approchant des troupeaux.

Comment les mouflons picards sont-ils arrivés là ? Dans les années 1980, le propriétaire d’un domaine en avait importé 15 pour entretenir la végétation sur les dunes, mais aussi pour en faire des trophées de chasse. Les animaux se sont très vite habitués à leur nouvel habitat, comme l’explique Antoine Meirland, conservateur à la Réserve naturelle nationale de la Baie de Somme : « Ils sont quand même sur des milieux secs. Ils ont trouvé des conditions qui leur conviennent bien. Donc on a une population qui s’est assez bien développée sur le secteur du massif du Marquenterre. » 

De 15 à 500 individus en 40 ans

Les chasseurs ont également du mal à réguler leur population. Hubert Séré, porte-parole de la fédération de la Somme, en a encore récemment croisé tout un troupeau : « La dernière fois que je suis venu ici, il y avait 40 mouflons qui étaient là. Ils étaient tranquilles, ils étaient ici en train de brouter », raconte-t-il dans le reportage en tête de cet article. Selon lui, « le massif dunaire est très favorable » au mouflon, car « c’est un moyen de se dissimuler. Il y a aussi au sein de ce massif une réserve naturelle dans laquelle la chasse est interdite. »

Aujourd’hui, la population de mouflons picards est estimée à entre 500 et 900 individus. S’il n’est pas question de les voir disparaître, agriculteurs et chasseurs aimeraient parvenir à les maintenir dans des espaces réservés, à l’écart des cultures.

IM | Reportage TF1 : Vincent LAHMAUT et Charles YZERMAN

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