- Quelque 60.000 personnes ont afflué en quelques jours dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord.
- Face aux critiques de plusieurs pays européens, Pedro Sánchez déplore dans une lettre que certains aient « choisi de s’en prendre à l’Espagne ».
- Il regrette en particulier les appels à suspendre son pays de l’espace Schengen.
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Sous le feu des critiques de plusieurs pays européens, le gouvernement espagnol riposte. Le Premier ministre Pedro Sánchez a fustigé samedi 1ᵉʳ août l’attitude « égoïste »
(nouvelle fenêtre) de certains pays de l’Union européenne face à la vague migratoire dans l’enclave (nouvelle fenêtre) espagnole de Ceuta et réclamé une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur des Vingt-Sept.
Quelque 60.000 personnes ont tenté de rallier cette ville située sur les côtes marocaines ces derniers jours, et si la situation est « quasiment »
revenue à la normale selon les autorités espagnoles, qui déplorent 67 morts dans cet afflux soudain. Les images de ces arrivées massives ont provoqué de vives réactions au sein de l’Union européenne, notamment de la part de la droite et de l’extrême droite. Dès jeudi, l’Italie a annoncé vouloir suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, avant d’obtenir le soutien de la Finlande et du Danemark, alors même que celle-ci n’est pas possible au regard du droit (nouvelle fenêtre), selon les spécialistes.
Une attitude « contraire aux intérêts à long terme de l’Europe »
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, a appelé dès vendredi les autres pays de l’UE à « ne pas se diviser »
. Avant de monter à nouveau au créneau ce samedi. Dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l’AFP et les médias espagnols, le dirigeant socialiste exprime sa « profonde inquiétude face à la récente réaction de certains gouvernements européens »
.
« La plupart nous ont témoigné leur soutien et leur solidarité, en nous proposant leur aide. D’autres, en revanche, ont choisi de s’en prendre à l’Espagne et de demander son
exclusion temporaire de l’espace Schengen
(nouvelle fenêtre)«
, a-t-il déploré, fustigeant une attitude « égoïste, clivante et illégale »
, selon la chaîne RTVE (nouvelle fenêtre) et le journal El Mundo
(nouvelle fenêtre).
Cet appel, « motivé par les préjugés, les fausses informations, l’ignorance ou des intérêts politiques »
, est « non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent »
mais aussi « aux intérêts à long terme de l’Europe »
, a-t-il cinglé. Le chef du gouvernement espagnol a ainsi rappelé que « Ceuta ne fait pas partie de l’espace Schengen et il ne reste pratiquement
plus de migrants en situation irrégulière
(nouvelle fenêtre) à renvoyer »
.
Une « visioconférence d’urgence » également demandée par 22 pays membres
Citant les chiffres de l’agence européenne de garde-frontières Frontex, il a aussi assuré que son pays garde « l’une des frontières extérieures les moins perméables de l’Union européenne, avec un nombre d’entrées irrégulières qui représente la moitié de celui enregistré, par exemple, en Italie ces dernières années »
. La veille, il avait déjà indiqué sur le réseau X (nouvelle fenêtre) que 234.760 personnes sont entrées illégalement en Espagne entre 2021 et 2026, contre 478.600 pour l’Italie.
Pedro Sánchez a par ailleurs souligné que la situation revenait progressivement à la normale sur place, avec le retour de la « quasi-totalité »
des migrants, grâce à une coopération « avec les autorités marocaines et avec très peu de soutien de la part des autres États européens »
. Il a aussi demandé de convoquer « de toute urgence »
une vidéoconférence des ministres de l’Intérieur européens, pour mettre en place « une réponse commune »
face à de telles vagues, relate de son côté le quotidien ABC
(nouvelle fenêtre).
Dans le même temps, 22 dirigeants de l’Union européenne, dont la Première ministre italienne et le chancelier allemand, ont eux aussi demandé samedi une « visioconférence d’urgence »
de ces ministres pour évaluer et répondre à la situation. « Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides donnent le sentiment qu’il est possible d’entrer illégalement dans l’Union européenne »
, ont-ils estimé de leur côté dans une lettre aussi adressée aux institutions européennes, demandant une réponse collective « immédiate et coordonnée »
.

