
Moins de deux mois après la capture de l’ex-président par l’armée américaine, Tarek William Saab, figure de la répression sous Nicolas Maduro, a « [présenté] sa démission de son poste de procureur général de la République », a annoncé, jeudi 26 février, l’Assemblée nationale vénézuélienne. Il est toutefois nommé défenseur du peuple à titre intérimaire, une mesure qui indigne les victimes de la répression sous sa magistrature.
Sous pression américaine, Delcy Rodriguez, la présidente par intérim, qui a promis une réforme judiciaire, a écarté ces dernières semaines plusieurs personnalités fortes de l’ère Maduro, comme Alex Saab – qui ne présente aucun lien de famille avec Tarek William Saab –, ancien ministre de l’industrie et proche du président déchu.
Dans sa lettre de démission lue à l’Assemblée, M. Saab affirme « avoir exercé cette charge avec rectitude et honneur, au cœur d’une conjoncture historique de défi exceptionnel pour le présent et l’avenir de notre patrie, où nous avons assumé le rôle constitutionnel de préserver la paix et de protéger les droits humains de notre peuple face à des agressions inimaginables contre la nation vénézuélienne ».
L’ancien procureur général est remplacé de manière temporaire par l’avocat Larry Devoe. Ce dernier, représentant du Venezuela auprès du Système interaméricain des droits de l’homme, dirige le Conseil national des droits de l’homme, un organisme public chargé de coordonner et de soutenir les politiques publiques en la matière.
Nommé défenseur du peuple
En poste depuis 2017, et reconduit en 2024, M. Saab est l’ancien gouverneur de l’Etat d’Anzoategui, situé dans le nord-est du Venezuela. Faisant actuellement l’objet de sanctions américaines, il a été l’une des figures de la répression des manifestations qui ont suivi la réélection contestée de Nicolas Maduro, en juillet 2024, au cours desquelles de nombreux manifestants avaient été inculpés pour « terrorisme ».
« [Il] a joué un rôle de premier plan dans la persécution systématique des critiques et des opposants au Venezuela », a réagi Juanita Goebertus, directrice de Human Rights Watch pour les Amériques, une association spécialisée dans la défense des droits humains. Sa démission « est prometteuse, mais sa nomination comme défenseur du peuple est une gifle pour les victimes », a-t-elle ajouté.
Ancien candidat de l’opposition à la présidentielle, le député Henrique Capriles, a, lui, dénoncé sur X une « blague », celle de voir « celui qui jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à hier, était le responsable de la persécution » devenir défenseur du peuple.

