- Le député Alexis Corbière juge insuffisants les moyens dédiés en France à la protection des musées.
- Pour superviser la sécurité de 1.200 établissements, un organisme comme la mission sécurité, sûreté et audit ne compte que huit membres, assure l’élu.
- Ces chiffres sont fiables, mais la protection des musées est loin de dépendre de cette seule structure, chapeautée par le ministère de la Culture.
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L’info passée au crible des Vérificateurs
Quatre mois après le cambriolage au musée du Louvre, le rapport d’une mission parlementaire portant sur la sécurité des musées a été remis le 20 février au ministère de la Culture. Une problématique à laquelle le député de gauche Alexis Corbière est sensible : sur le plateau de LCP, il a jugé nécessaires des investissements supplémentaires dans ce domaine et a mis en avant (nouvelle fenêtre) un chiffre à ses yeux significatif. « Il y a une mission de sécurité qui s’appelle la Missa »
, a indiqué l’élu de Seine-Saint-Denis, précisant qu’elle comptait actuellement « huit personnes pour 1.200 établissements ».
Des audits réalisés à la demande des musées
La « Missa » à laquelle fait référence Alexis Corbière est un organe du ministère de la Culture. Derrière son acronyme, on retrouve la « mission sécurité, sûreté et audit », dont la mission est officiellement (nouvelle fenêtre) d’assurer « des missions de conseil et d’assistance sur l’application des normes dans les domaines de la sécurité incendie et de la sûreté »
. Quels sont les moyens à sa disposition ? Pour le savoir, TF1info a échangé avec une source qui connaît parfaitement les rouages de cette structure.
Cet interlocuteur ne souhaite pas s’exprimer publiquement, mais confirme que les chiffres avancés par le député sont exacts. En pratique, la Missa compte dans ses rangs quatre pompiers et trois policiers, assistés par un expert qui est un agent du ministère. Cette équipe de huit personnes se voit confier de nombreuses missions, parmi lesquelles la prévention des incendies dans les cathédrales. Une problématique devenue critique après les dommages subis en 2019 par Notre-Dame-de-Paris.
Lorsque la Missa est sollicitée, elle intervient dans quelques-uns des « 1.219 musées territoriaux »
que l’on dénombre à travers la France. Ses experts apportent des conseils et formulent des préconisations pour garantir la sécurité, mais ce sont ensuite aux établissements de décider s’ils souhaitent les appliquer. Les rapports effectués à l’issue des visites demeurent confidentiels. Mais des guides sont en ligne sur le site du ministère : ils fournissent une série de principes et de mesures à suivre pour protéger les œuvres et les locaux.
Les musées disposent d’équipes dédiées à la sécurité
Dans les rangs de la Missa, on souhaiterait disposer de moyens supplémentaires, afin notamment que les conseils donnés aux musées visités deviennent des recommandations que les structures seraient tenues d’appliquer. Face aux enjeux sécuritaires, l’institution a officiellement formulé une demande de renforts. Elle souhaiterait ainsi compter un pompier et deux policiers supplémentaires, a appris TF1info.
L’idée n’est évidemment pas d’assurer au quotidien la protection de chaque musée, ni de confier à ses membres des rondes de nuit pour prévenir les intrusions, mais d’apporter une meilleure assistance aux responsables de musées qui souhaitent renforcer la sécurité de leurs espaces d’exposition. Si l’équipe actuelle – avec ses huit personnes – peut sembler sous-dimensionnée par rapport aux besoins, il faut garder à l’esprit que la Missa est une particularité française, dont on ne trouve pas d’équivalent à travers l’Europe.
Chez nos voisins, la sécurité des musées est en effet uniquement supervisée par les musées eux-mêmes, sans moyens humains proposés par les autorités. Chaque structure doit ainsi nommer des responsables dédiés, qui s’entourent d’équipes en charge de ces problématiques. Les musées français ne font pas exception et ne se reposent pas sur la seule Missa pour prévenir les vols et les intrusions. Rien qu’au Louvre, on compte par exemple un millier de gardiens environ, sans compter les personnels d’encadrement qui les accompagnent au quotidien.
Si les chiffres avancés par Alexis Corbière au sujet de la mission sécurité, sûreté et audit sont tout à fait justes, il convient de garder à l’esprit que les effectifs de cet organisme ne permettent pas à eux seuls de juger du niveau de protection des musées français, chargés chacun à son échelle de protéger leurs locaux et les collections qu’ils présentent au public.
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