
« Opération terminée. Bravo aux services spéciaux d’Ukraine. Détails à suivre. Slava Ukraïni ! [« Gloire à l’Ukraine »] » Sur la capture d’écran, au-dessus de ces quelques mots de Volodymyr Zelensky, un homme est prostré sur une chaise, joues creusées, regard perdu, cheveux en bataille. Il porte une veste militaire ukrainienne et des menottes aux mains. Lorsque, le 12 avril 2022, le président poste cette photo sur les réseaux sociaux, il n’a pas besoin d’écrire le nom du fugitif qui tentait de s’enfuir dans un uniforme de soldat. Le pays entier a reconnu la prise de guerre : Viktor Medvedtchouk, « le traître », comme on l’appelle en Ukraine.
Dans l’esprit de Vladimir Poutine, c’est lui qui aurait dû s’installer, après l’invasion déclenchée le 24 février 2022, dans le bureau de Volodymyr Zelensky, rue Bankova, à Kiev. Dans les plans de Moscou, la prise de la capitale était une affaire de trois jours. Le maître du Kremlin comptait bien chasser l’actuel président et imposer à la tête du pays cet ami et oligarque, élu de la Rada, le Parlement ukrainien. « A l’aube de l’invasion, j’ai reçu un ultimatum de la Russie m’obligeant à me retirer. Medvedtchouk devait me remplacer », a assuré Zelensky, lors du Forum économique mondial de Davos, en janvier 2025.
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