C’est l’aboutissement d’un long feuilleton judiciaire. Selon nos informations, Vincent Bolloré a été renvoyé devant le tribunal correctionnel jeudi 19 mars pour « corruption d’agent public étranger » au Togo et « complicité d’abus de confiance » au Togo et en Guinée, selon une décision des juges d’instruction et conformément au réquisitoire du parquet national financier (PNF) rendu en juin 2024.
Deux autres cadres du groupe sont également concernés par ce renvoi : Gilles Alix, alors directeur général du groupe Bolloré, pour « corruption d’agent public étranger » et « abus de confiance », et Jean-Philippe Dorent, alors directeur international de l’agence Euro RSCG (devenue Havas), pour « complicité d’abus de confiance ». Contactés, les avocats de Vincent Bolloré n’étaient pas joignables dans l’immédiat.
La justice soupçonne l’entreprise d’avoir conseillé, à moindre coût, les campagnes de Faure Gnassingbé et d’Alpha Condé, candidats victorieux respectivement à la présidence du Togo et de la Guinée en 2010, en échange de la gestion de leurs ports principaux.
Selon l’enquête, la filiale du groupe Bolloré chargée de dispenser ces conseils en communication, Euro RSCG, a facturé la majorité de ses coûts non pas aux candidats, mais à une autre filiale, SDV. Outre l’aide apportée dans les campagnes présidentielles, le groupe Bolloré a recruté le demi-frère de Faure Gnassingbé au sein de SDV Togo, sept mois après l’élection de ce dernier.

