- Un vol affrété par Paris pour rapatrier des Français des Émirats arabes unis a dû faire demi-tour jeudi en raison de « tirs dans la zone ».
- Près de 5.000 personnes ont demandé à être de retour sur le sol français depuis le début de la guerre alors que la plupart des espaces aériens sont fermés.
- Des opérations de rapatriement plus que périlleuses.
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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février secoue le monde entier depuis sept jours et engendre de nombreuses perturbations. Parmi celles-là, se pose l’épineuse question du rapatriement des ressortissants français dans une région actuellement sous les bombes américaines, israéliennes ou iraniennes. Un vol Air France affrété par le gouvernement français pour rapatrier des Français des Émirats arabes unis a même dû faire demi-tour en début de soirée jeudi 5 mars face aux nombreux tirs « dans la zone »
, comme l’avait annoncé le ministre des Transports Philippe Tabarot le soir même.
Que s’est-il passé ?
Au départ de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle près de Paris, le vol AF4190 avait pour destination Dubaï aux Émirats arabes unis, comme l’avait déclaré Air France jeudi aux alentours de 16 h sur X. Un peu moins de deux heures plus tard, toujours sur X, la compagnie aérienne signale la suspension de ce rapatriement et le retour du Boeing 777 « qui ne contenait pas de passagers »
, assure l’entreprise.
En raison de la situation sécuritaire en cours à destination, ce vol de rapatriement est suspendu. Nos équipes restent mobilisées aux côtés de @francediplo . La sécurité de nos clients et membres d’équipage est notre impératif absolu. https://t.co/eIFQQPaRyo — Air France Newsroom (@AFnewsroom) March 5, 2026
Est-ce que l’avion a été visé par des forces armées ? En réalité, non. Philippe Tabarot a précisé sur le réseau social X jeudi que ce vol « pour aller chercher nos compatriotes aux Émirats arabes unis a été contraint ce [jeudi] soir de faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone. Cette situation témoigne de l’instabilité dans la région et de la complexité des opérations de rapatriement. »
Ce retour « ne peut se faire que dans des conditions de sécurité garanties »
malgré « des attentes légitimes de nos compatriotes sur place »,
a prévenu le ministre des Transports.
Combien de Français y a-t-il à évacuer ?
Sur le plateau de France 2 jeudi soir, la ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a expliqué à son tour que « le ciel, malheureusement, n’était pas net puisqu’il y avait des missiles »
. Ce demi-tour n’est pourtant pas anodin. Si ce n’est que le seul concernant la France, le casse-tête du rapatriement des ressortissants demeure bien présent. Ils sont au total 400.000 à résider dans la douzaine de pays de la région affectée par l’extension de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran.
Environ 5.000 personnes ont pour le moment manifesté leur souhait d’être rapatriées en France, « dont 80 % aux Émirats arabes unis »
, détaille Jean-Noël Barrot. Invité du journal de TF1 jeudi soir, le ministre des Affaires étrangères assure que le gouvernement a « insisté auprès des autorités émiriennes pour qu’elles puissent accélérer la cadence des vols au départ des Émirats qui gagnent la France »
. Pour l’instant, quatre vols de rapatriement ont déjà décollé depuis l’Égypte, Oman et les Émirats arabes unis avec 750 Français à leur bord.
Quand les rapatriements vont-ils reprendre ?
Si la plupart des espaces aériens sont fermés, Jean-Noël Barrot a rappelé au 20H de TF1 (nouvelle fenêtre) que « certains ouvrent au compte-goutte et nous profitons de ces ouvertures pour faciliter le retour en France de nos compatriotes »
. C’est ce que réaffirme vendredi matin Philippe Tabarot au micro d’Europe 1 : « Nous allons continuer ces vols de rapatriement d’une manière ou d’une autre »
et « dans les meilleures conditions de sécurité. »
Le gouvernement prévoit ainsi de « demander aux compagnies de reprendre leurs vols commerciaux. »
Hors période de conflit comme celui-ci, cinq vols commerciaux relient quotidiennement la France et les Émirats arabes unis avec un peu plus de 500 places à bord de chacun d’entre eux. « Il pourrait y en avoir deux pour faire revenir un millier de nos compatriotes »
, mais uniquement si « l’espace aérien arrive à s’apaiser »
, avertit le ministre des Transports.
En attendant, trois autres vols sont programmés et en cours d’affrètement. Même si tous les ressortissants qui auraient dû prendre l’avion entre Dubaï et Paris jeudi n’ont « pas encore tous été remis sur des vols, nous finissons de les attribuer à des vols qui sont déjà en route »,
détaille Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger sur franceinfo
vendredi matin. Dans l’espoir que les ressortissants puissent monter à bord d’un vol retour sans qu’il ait à faire demi-tour en cours de route.

