• Beaucoup de Français ont du mal à gérer leur budget, le manque d’éducation financière pouvant expliquer une partie de ces difficultés.
  • Des jeux de société, édités par plusieurs acteurs, peuvent aider à apprendre en s’amusant.
  • Julie Perrin, déléguée générale à l’éducation de la fondation Crésus, en présente quelques-uns.

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Calculer le poids de ses charges fixes, économiser pour un projet d’envergure, définir une enveloppe pour se faire plaisir… Quotidiennement, beaucoup de Français ont toutes les peines du monde à le faire. D’après le baromètre 2025 (nouvelle fenêtre) sur le découvert des Français, édité par l’institut CSA, près d’un quart des Français (24%) déclarent leurs comptes courants dans le négatif chaque mois. La Banque de France prend ce problème très au sérieux : une direction de l’éducation financière sensibilise les publics aux questions d’argent.

Pour aider les Français, elle s’appuie notamment sur les jeux de société. Elle édite notamment le jeu de plateau « Mes questions d’argent (nouvelle fenêtre)« . Les participants débutent avec une somme de départ et doivent gérer leur budget tout au long de la partie. Objectif : réunir suffisamment d’argent pour réaliser un projet en répondant correctement à des questions sur la gestion financière (dépenses, moyens de paiement, crédit et épargne, assurance et gestion des risques). Le jeu permet de comprendre la notion de budget personnel, d’identifier les différents types de dépenses, d’anticiper les conséquences des choix financiers ou encore d’aider une personne à faire des choix économiques.

La fondation Crésus, réseau d’associations qui lutte contre le surendettement, est elle aussi très active dans la promotion de l’éducation financière (nouvelle fenêtre) auprès du grand public. Elle propose depuis plusieurs années des jeux de société pour aider les Français à équilibrer leurs ressources et leurs dépenses. Julie Perrin, chargée du programme éducation financière de la fondation, reconnaît à TF1info de nombreux aspects positifs aux jeux : « En France, on n’aime pas trop parler d’argent et beaucoup de personnes en difficulté préfèrent ne pas se faire aider. Le jeu permet de libérer la parole. Dans les ateliers, les joueurs retiennent mieux des concepts économiques et financiers difficiles en se mettant en action. Ils retiennent davantage les questions d’impôt, d’assurance ou de crédit. »

« Apprendre à faire des choix »

Parmi les jeux édités par la fondation Crésus, « Dilemme ». Il se joue sur un plateau qui ressemble au jeu de l’oie. Le tour représente un mois de budget de 1.400 euros de ressources. Les joueurs doivent rembourser l’équivalent de 1000 euros de charges : « Ils disposent d’argent en liquide qu’ils écoulent au fur et à mesure du paiement des charges. Ils se projettent dans un univers qui ressemble à la vraie vie, mais qui reste fictif et sécurisant », décrit Julie Perrin. Des cartes sous forme de question viennent agrémenter le jeu : qu’est-ce qu’un RIB, qu’est-ce que le taux annuel effectif global dans le cadre d’un crédit immobilier ?… « Le jeu soumet également les joueurs à des événements imprévus. Exemple de cas pratique : vous venez d’avoir un accident de voiture ; en fonction de votre contrat d’assurance, vous ne serez pas entièrement couvert. Le jeu expérimente les coups durs et vous apprend à les anticiper », reprend la responsable associative.

Partout en France, la fondation Crésus forme des enseignants, des banquiers ou des conseillers en insertion pour toucher un maximum de public. Le réseau d’associations estime avoir touché plus de 660.000 personnes. « Nous allons dans les structures d’insertion, écoles et associations pour aider les bénéficiaires à gérer leur budget et monter en compétences. Objectif : prendre les meilleures décisions en temps voulu », assure Julie Perrin. La fondation Crésus s’attache particulièrement aux jeunes : « Les jeunes restent la clé. 80% de notre public a moins de 25 ans. » La fondation a par ailleurs mené des études d’impact sur les bénéficiaires : « Trois mois après, près d’un tiers de nos anciens participants (30%) sont allés voir leur banquier et changent de comportement », se réjouit Julie Perrin.

Geoffrey LOPES

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