- La mort de Lyhanna est « un échec » pour la gendarmerie, a estimé ce mardi sur TF1 son directeur général.
- Interrogé sur d’éventuels manquements, le général Hubert Bonneau a qualifié le sujet de délicat et sensible.
- Il a par ailleurs tenu à exprimer son soutien à la famille de la fillette, ainsi qu’à tous les enfants victimes.
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Mort de Lyhanna, 11 ans : après le drame, l’onde de choc judiciaire
Après la mort de la petite Lyhanna, 11 ans, dont le principal suspect était visé par une plainte pour viols sur mineure sans avoir été entendu, l’avocat de la famille, François Roujou de Boubée, a pointé ce mardi 9 juin le manque de moyens de la justice, comme le « vrai cœur du problème »
. Mais qu’en est-il de la gendarmerie, critiquée également pour son inaction dans ce drame ?
Aujourd’hui, mon rôle premier, c’est de rendre la gendarmerie nationale la plus efficace possible
Aujourd’hui, mon rôle premier, c’est de rendre la gendarmerie nationale la plus efficace possible
Général Hubert Bonneau
Invité du 20H de TF1, son directeur général, le général Hubert Bonneau, a reconnu que c’était « un sujet délicat, sensible »,
tout en admettant que « c’est un échec pour la gendarmerie »
et « l’ensemble des gendarmes (…) le vivent véritablement comme un échec »
, a-t-il affirmé dans la vidéo en tête de cet article. « Parce qu’on ne rentre pas dans la gendarmerie nationale par hasard, on y vient par conviction, par volonté de protéger, protéger nos concitoyens, protéger les plus faibles et au final, quand dans nos opérations, cela se traduit par de la mort ou de la souffrance, oui, je peux dire que c’est un échec »,
a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait pas « songé à démissionner ».
« Ça fait bientôt quarante ans, j’ai 59 ans, que je suis dans la gendarmerie nationale, j’ai occupé à peu près tous les postes de commandement et moi je suis fier de mes gendarmes, fier de leur action au quotidien. La grande majorité d’entre eux s’engagent sans compter au quotidien. Nous recueillons les plaintes des gens en difficulté, des mineurs, nous avons créé des structures, nous appliquons les directives et aujourd’hui, mon rôle premier, c’est de rendre la gendarmerie nationale la plus efficace possible »,
a-t-il encore insisté.
Effectivement, quand vous avez un auteur qui est désigné, quand vous avez une victime avérée, quatre mois, c’est trop long
Effectivement, quand vous avez un auteur qui est désigné, quand vous avez une victime avérée, quatre mois, c’est trop long
Général Hubert Bonneau
Quant à savoir pourquoi la gendarmerie de Lectoure, saisie en janvier après la plainte de la mère d’une fillette de 10 ans, Rosa, qui accusait Jérôme Barella de l’avoir violée à plusieurs reprises, n’avait toujours pas placé en garde à vue le suspect au moment de l’enlèvement de Lyhanna, le 29 mai, le général Hubert Bonneau a admis une faille : « Effectivement, quand vous avez un auteur qui est désigné, quand vous avez une victime avérée, quatre mois, c’est trop long »,
a-t-il affirmé. Mais, a-t-il tenu à contextualiser, « au sein de la gendarmerie nationale aujourd’hui, nous recevons toutes les heures quatre plaintes pour des violences sexuelles et sexistes et des viols sur des mineurs ».
Il a toutefois assuré que cela « n’excuse rien »,
assurant que l’enquête administrative confiée aux Inspections générales de la gendarmerie (IGGN) et de la justice (IGJ) « déterminera s’il y a eu des dysfonctionnements dans ce dossier ».
En outre, concernant la mère de Rosa qui a rapporté avoir été menacée d’une plainte si elle continuait à téléphoner à la gendarmerie pour s’enquérir des avancées de l’enquête, le général Bonneau a promis de faire « la lumière sur ce sujet ». « J’ai écouté cette maman. Je vois sa colère. J’entends sa colère. Ce que je peux vous dire en l’état, c’est que j’ai fait quelques vérifications, notamment sur les centres d’appel de la gendarmerie. Il y a eu effectivement des conversations qui se sont bien déroulées, mais je ne peux pas affirmer que sur des conversations directes entre cette maman et des gendarmes, cela n’ait pas dérapé »,
a-t-il expliqué.
Enfin, alors que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a demandé aux policiers et aux gendarmes de prioriser les affaires de violences sexuelles sur les mineurs, le général Hubert Bonneau admet « qu’il y a un vrai sujet de recensement de l’ensemble des procédures ».
« En liaison avec les parquets, nous allons devoir prioriser »
, a-t-il lancé, répétant que « quand on a un auteur désigné, une victime avérée, on ne peut pas prendre du temps. Il faut traiter immédiatement »
. « Et le troisième sujet, ce sera l’exécution de tout ça. Le Premier ministre l’a annoncé, le traitement de ces affaires doit être réglé dans un délai de trois mois »,
a-t-il conclu.

