• Le parquet de Versailles indique ce vendredi avoir requis le transfert de l’information judiciaire sur la mort de Robert Boulin au pôle « cold cases » de Nanterre.
  • « L’analyse des investigations envisagées » et les échanges avec le parquet de Nanterre ont « permis de conclure à l’opportunité de la saisine », dit-il dans un communiqué.

La récente mort d’un témoin clé de l’affaire le 1er avril avait déjà relancé l’enquête. Le parquet de Versailles a annoncé ce vendredi 17 avril avoir requis le transfert de l’information judiciaire sur la mort en 1979 de l’ancien ministre Robert Boulin au pôle « cold cases » de Nanterre. Dans le cadre de l’enquête pour « arrestation, enlèvement détention ou séquestration suivis de la mort et assassinat », le procureur de la République a engagé « une procédure de dessaisissement » avec l’accord du procureur général, précise un communiqué.

« L’analyse des investigations envisagées » et les échanges avec le parquet de Nanterre ont « permis de conclure à l’opportunité de la saisine » du pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE). Le juge d’instruction actuellement en charge du dossier rendra sa décision dans le « délai légal compris entre 8 jours et 1 mois suivant ces réquisitions ».

Cette annonce intervient quelques jours après le décès, le 1ᵉʳ avril, d’un témoin clé de l’affaire, Elio Darmon, mort de problèmes de santé à 79 ans dans le Morbihan. Son témoignage spontané en 2022 avait relancé une enquête qui s’acheminait alors vers un non-lieu, en permettant d’identifier un meurtrier potentiel décédé en 1986. Elio Darmon avait par ailleurs été la cible de tirs fin août 2025 à son domicile.

Avant ces réquisitions, l’avocat de la fille de Robert Boulin, Me Didier Seban, avait espéré que le parquet décide de « confier le dossier » à Nanterre, soulignant que « d’autres témoins importants sont encore en vie ».

Suicide par noyade ou assassinat ?

La fille du ministre, Fabienne Boulin-Burgeat, avait alors salué la mémoire d‘ »un témoin courageux, qui a pris le risque de dire ce qu’il savait », tout en s’étant dite « en colère » de voir que « des témoins âgés disparaissent » sans être entendus par la justice.

Le corps de Robert Boulin, 59 ans, ministre du Travail du gouvernement de Raymond Barre, avait été retrouvé en octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet (Yvelines). Si les enquêteurs avaient à l’époque conclu à un suicide par noyade après ingestion de barbituriques, sa famille conteste cette version et estime qu’il a été assassiné, le ministre venant alors d’être mis en cause sur les conditions d’acquisition d’un terrain à Ramatuelle (Var).

J.F. avec AFP

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