- La gauche sort affaiblie des élections municipales dans les villes moyennes, selon une note de la Fondation Jean Jaurès publiée jeudi.
- En effet, le PS et ses alliés ne contrôlent plus que 24 villes moyennes aujourd’hui, contre 66 sur 140 en 2008.
- Au contraire, la droite maintient ses positions et le Rassemblement national gagne du terrain.
Suivez la couverture complète
Élections Municipales 2026
La gauche sort affaiblie des élections municipales 2026 dans les villes moyennes. C’est ce que démontre une note de la Fondation Jean Jaurès publiée jeudi 23 avril, qui scrute les résultats de 140 villes de plus de 15.000 habitants, rattachées à une unité urbaine de 20.000 à 100.000 habitants. « On voit que la gauche est à son plus bas niveau historique depuis 1971 et la création du Parti socialiste au congrès d’Alfortville en 1969 »
, analyse Achille Warnant, docteur en géographie et coauteur de l’étude intitulée « Municipales 2026 : vers qui s’est (vraiment) tournée la France des villes moyennes ? ».
Plusieurs bascules historiques
Alors qu’elle avait repris des couleurs en 2020, « jamais la gauche municipale n’avait contrôlé aussi peu de villes moyennes (…) sans que La France insoumise ou Les Écologistes ne viennent prendre le relais »
, relève l’étude. En témoignent les bascules d’Aurillac (Cantal), remportée par la droite dès le premier tour, du Creusot (Saône-et-Loire), de Cherbourg-en-Cotentin (Manche), toutes les trois à gauche depuis les années 1970, ou encore de Tulle (Corrèze), fief de François Hollande.
La gauche voit aussi lui échapper plusieurs villes conquises en 2020, comme Millau (Aveyron) ou Périgueux (Dordogne). Et là où elle l’emporte comme à Abbeville (Somme) ou Bergerac (Dordogne), elle bénéficie davantage de la division de ses adversaires. « En définitive, la gauche (…) atteint un niveau historiquement bas. Alors qu’elle détenait encore 66 villes moyennes sur 140 en 2008, elle n’en contrôle plus que 24 aujourd’hui »
, souligne l’étude.
À qui profite vraiment cette baisse historique de la gauche ?
La droite, qui occupe historiquement une position dominante dans ces villes, sort « globalement renforcée malgré quelques revers »
, notamment face à l’extrême droite. Mais cette progression tient en partie à des « effets de reclassement (…), certains élus initialement classés au centre étant désormais rattachés à la droite »
, note l’étude. En effet, cette domination ne se confond en revanche « pas nécessairement avec celle des Républicains, une large part des maires concernés étant classés Horizons, UDI ou DVD »
.
Quant à l’extrême droite, elle conserve ses trois mairies de 2020 et progresse avec six nouvelles villes moyennes. Elle poursuit notamment son implantation dans le sud, avec plusieurs victoires importantes à Montauban (Tarn-et-Garonne) ou Carcassonne (Aude). « Le RN arrive à mettre un pied dans des régions dans lesquelles il était absent jusqu’ici, comme dans le centre avec Vierzon (Cher), qui passe de communiste à divers-extrême droite
« , souligne Achille Warnant. Le coauteur de l’étude note enfin la « porosité croissante entre une partie de la droite et l’extrême droite »
, comme le montre « la présence de militants RN sur des listes DVD sans que cela ne fasse débat »
.

