• Les oiseaux ne gazouillent plus comme avant, à la campagne et en ville.
  • Ils ne chantent pas plus fort, mais ont modifié leur manière de communiquer en étant plus aiguë.
  • En cause : une vigilance accrue, parce qu’ils sont moins aptes à détecter les prédateurs à cause de l’activité humaine.

Suivez la couverture complète

Le 13H

C’est une mélodie, une petite musique très agréable qui met généralement de bonne humeur. Mais avez-vous remarqué que le chant des oiseaux était devenu plus aigu ? « Peut-être pour se faire entendre par rapport au bruit des voitures », avance un passant dans le reportage en tête de cet article. « Déjà pour dire qu’ils existent peut-être », lance un autre.

Pour le vérifier, une équipe de TF1 a suivi Thierry Lengagne, chercheur au CNRS et vice-président de la ligue pour la protection des oiseaux (LPO) qui enregistre le son des volatiles, en ville d’abord. On perçoit un son plus strident pour se frayer un chemin au milieu d’un bruit incessant. La raison ? « C’est les moteurs, c’est le contact entre les pneus et la chaussée. C’est les bruits des activités humaines en général », commente ce dernier. Si l’on enregistre jusqu’à 90 décibels au cœur des arbres et de la circulation, à seulement quelques kilomètres de là, au beau milieu d’un parc, « on peut avoir 15, parfois 20 décibels de différence avec la ville », souligne-t-il.

Cela ne fait aucun doute pour ce spécialiste qu’avec moins de bruit, le chant des oiseaux redevient normal. « Le niveau sonore est relativement calme. On les perçoit mieux et eux-mêmes se perçoivent mieux pour communiquer », explique-t-il dans la vidéo ci-dessus. De retour dans son laboratoire, il compare les différences entre les gazouillis enregistrés aux deux endroits. Les oiseaux ne chantent pas plus fort, mais ils ont modifié leur manière de communiquer. « Ça rend les oiseaux beaucoup plus vigilants parce qu’ils sont moins aptes à détecter les prédateurs. Ils passent moins de temps à se nourrir. Et puis les oiseaux en ville sont aussi beaucoup plus stressés, plus agressifs », analyse-t-il encore. C’est le cas du rouge-gorge par exemple. 

En février dernier, une étude publiée dans la revue scientifique Ornithological Applications, mettait en effet en évidence que le bruit de la circulation obligeait encore et toujours les oiseaux à chanter plus haut.

L’amélioration de la qualité des revêtements routiers et l’augmentation du nombre de véhicules électriques moins bruyants doivent permettre de limiter nos nuisances pour que les oiseaux chantent à nouveau sur la bonne tonalité.

La rédaction de TF1info | Reportage Gwenaël VINDRESSTIN, Séverine AGI et Julien CHAIZE

Share.
Exit mobile version