• Ce dimanche, le président américain organise un tournoi de MMA le jour de son 80ᵉ anniversaire, à la Maison Blanche.
  • Visage emblématique de la discipline, le Français Ciryl Gane combattra contre Alex Pereira pour le titre intérimaire.
  • Venu tardivement au MMA, le sportif de 36 ans s’est hissé au sommet de l’UFC à une vitesse folle.

Sa bonne bouille et son éternel sourire collent bien à son surnom « Bon Gamin ». Ciryl Gane participera ce dimanche 14 juin au tournoi de MMA (arts martiaux mixtes) organisé à la Maison Blanche le jour du 80ᵉ anniversaire de Donald Trump. Le milliardaire américain ne cache pas sa fascination pour ce sport particulièrement brutal qui combine techniques et règles de disciplines allant de la lutte au judo ou à la boxe thaï. 

Le Français de 36 ans sera l’un des 14 combattants qui entreront dans la « Griffe », une sorte de cage en forme d’octogone de 28 mètres de haut posée devant la Maison Blanche. « Ce sont les plus endurcis que vous ayez vus », a affirmé Donald Trump jeudi au New York Post (nouvelle fenêtre). « Si vous n’avez jamais vraiment regardé, vous n’allez pas en croire vos yeux. »

Figure majeure de cette discipline, Ciryl Gane est parvenu à se hisser au sommet après un parcours sans faute. Ce grand gaillard au physique impressionnant vient d’ailleurs d’être récompensé par la Maison Blanche pour avoir accumulé 50 tests antidopage négatifs. Une célébration rare dans ce sport gangrené par le dopage.

Loin de l’exubérance et des grandes gueules (nouvelle fenêtre) qui peuplent le monde du MMA, Gane dégage une force tranquille, voix posée et calme. Son surnom, « Bon Gamin », résume le caractère du Français, dans un milieu où dominent les pseudonymes plus inquiétants comme « L’Effaceur », « Le Zombie », « Tonton flippant », « La brute » ou « Le panda enragé ».

« Bon gamin », un surnom qui lui colle à la peau

« Cela peut sembler bizarre de voir un combattant s’appeler comme ça mais c’est arrivé très naturellement », a expliqué Gane à l’AFP. « C’est le nom d’un collectif d’amis qui font du rap et je l’avais tatoué sur la cuisse. J’arrive toujours à la salle avec la musique, je danse, je rigole. ‘Bon gamin’ c’est un état d’esprit, une joie de vivre, une façon de rester jeune », admet celui dont le prénom n’est pas dû à une coquetterie mais à une erreur de l’État civil comme il l’a confié au Parisien (nouvelle fenêtre)

Rien ne prédestinait ce père de famille – il a deux filles de 5 et 7 ans – à devenir un porte-drapeau du MMA. Surdoué du sport, Ciryl Gane a découvert le monde des arts martiaux sur le tard. Arrivé à Paris de sa Vendée natale pour suivre un BTS en management des unités commerciales, il enchaîne les petits boulots qui l’obligent à travailler les week-ends et à abandonner les sports collectifs, son amour d’enfance.

Il découvre le MMA par hasard

« Un ami de ma promo de BTS faisait de la boxe thaï. Il m’a dit de venir essayer et c’est comme ça que j’ai commencé », raconte celui qui a partagé l’affiche du film d’action K.O., aux côtés d’Alice Belaïdi sur Netflix en juin 2025 . Il a déjà 24 ans mais les entraîneurs détectent immédiatement le talent du colosse avec son 1,95 m et ses 112 kg. « Très vite les coaches m’ont demandé : ‘Mais tu as déjà fait de la boxe?’. Ils se sont dit qu’il y avait un potentiel et pendant trois ans, on a fait un sans-faute ». Soit 13 victoires en autant de combats. 

Puis c’est de nouveau le hasard qui le mène au MMA et surtout à Fernand Lopez, l’entraîneur de référence de la discipline en France. « Je cherchais un club un peu plus proche de chez moi et je suis tombé sur sa salle ». Après des débuts en 2018 dans une organisation mineure, il lui suffit de deux combats pour taper dans l’oeil des recruteurs de l’UFC (Ultimate Fighting Championship, la plus importante ligue mondiale de ce sport de combat) qu’il intègre au bout d’un an seulement de pratique du MMA. 

Lancé dans l’aventure des sports de combat pour subvenir aux besoins de sa famille, Gane n’imaginait pas monter les échelons aussi vite. « Mon but premier était de faire une carrière, sans prétendre aller au top », admet-il. « Être un combattant moyen à l’UFC, ça me convenait déjà très bien au départ, tant que ça faisait rentrer de l’argent pour vivre. Mais ça s’est passé bien mieux que ce que l’on espérait. Quand j’ai commencé la boxe thaï, je touchais environ 3.000 euros par combat et j’étais content. Aujourd’hui, on a multiplié par 100. » 

Rania HOBALLAH avec AFP

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