• Trente-cinq cas d’overdose mortelle ont été recensés à Paris depuis le 1ᵉʳ janvier, soit plus que sur toute l’année 2025.
  • Pour lutter contre ce fléau, la ville de Saint-Ouen a réussi à démanteler tous ses points de deal.
  • Vous allez voir de quelle façon avec ce reportage de TF1.

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Quadriller les quartiers sensibles, montrer que la police est là à chaque coin de rue et en nombre : voilà la technique des forces de l’ordre à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour lutter contre les trafiquants de drogue, que l’on peut observer dans le reportage du 20H ci-dessus. Pendant leur patrouille, les policiers procèdent à des contrôles inopinés, comme avec ce jeune, connu de leurs services, mais il n’a pas de drogue sur lui. 

Les agents restent malgré tout à l’affût car un peu plus tôt dans la journée, ils ont fait une nouvelle arrestation. « On a un jeune vendeur qui a essayé de s’implanter sur la rue Gambetta », indique Mizael Dekydtspotter, chef de service, tout en montrant un parc, « un des points où ils essayent de se remettre de temps en temps ». En 2020, 7 points de deal avaient été identifiés par les forces de l’ordre dans Saint-Ouen. 

TF1

L’un d’eux, situé dans le quartier Arago, se trouvait juste à côté d’une école maternelle. Rencontrée il y a un an, Julie nous racontait sa stupeur lorsque sa fille avait trouvé un sachet de drogue dans la cour. « Des petits sachets transparents qu’elle m’a tendus toute contente parce que les enfants aiment bien », témoignait-elle. En avril 2025, les parents d’élèves avaient voté pour déménager les classes dans d’autres locaux. Aujourd’hui, l’établissement accueille encore des associations et du périscolaire, mais il n’y a plus aucune trace des trafiquants. 

Le nombre de caméras est passé de 200 à 1.000

Un succès que le maire, Karim Bouamrane, attribue à une technique simple : multiplier les contrôles, les arrestations et les saisies de drogue. « Concrètement, ça signifie qu’il doit y avoir une présence physique. Donc, dès mon arrivée, la police nationale avait augmenté de 30 le nombre de policiers. Tandis que le nombre de policiers municipaux est passé de 5 à 40 », souligne-t-il. Le nombre de caméras a lui aussi augmenté, passant de 200 en 2020 à un millier aujourd’hui. Une surveillance constante combinée à un travail de rénovation des espaces insalubres, là où s’installent facilement les narcotrafiquants. 

Je pense que le problème n’a pas été forcément résolu, mais plutôt déplacé.

Un commerçant

Exemple dans un quartier où les travaux sont encore en cours. Des flèches indiquent toujours la direction du point de deal, mais il a disparu. C’était le dernier encore actif de Saint-Ouen. Démantelé mi-avril, il générait près de 2 millions d’euros par an. En quelques semaines, Sylvie a vu le quartier se métamorphoser. « Avant, on les voyait, il y en avait plusieurs. Ils étaient tous regroupés. Là, franchement, ça s’est amélioré. On voit beaucoup de policiers, ça s’est calmé un peu », assure-t-elle. Un changement radical ? Pas pour certains commerçants qui constatent toujours du trafic dans les rues de Saint-Ouen. 

Eric, propriétaire d’une épicerie fine, est mitigé. « C’est vrai que c’est beaucoup plus calme. On le voit avec les clients qui sont sur la terrasse, car c’était une vraie pollution, sonore et visuelle, pour eux. Mais honnêtement, je pense que le problème n’a pas été forcément résolu, mais plutôt déplacé. Ça se passe un petit peu plus haut, 50 mètres plus haut, à l’angle des cafés, des rues parallèles. Et le soir, quand je rentre chez moi, on voit des gens qui attendent leur marchandise », affirme-t-il. 

En un mois après le démantèlement du dernier point de deal connu à Saint-Ouen, la police nationale a effectué 22 interpellations liées au trafic de drogue.

La rédaction de TF1info | Reportage : Lise CLOIX et Pierre DEHOORNE

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