- L’acteur espagnol Javier Bardem est entré en compétition ce samedi sur la Croisette avec le film « L’Être aimé » de son compatriote Rodrigo Sorogoyen dans lequel il incarne un cinéaste impulsif habitué aux coups de sang.
- En conférence de presse ce dimanche, il s’est insurgé contre la banalisation de « comportements masculins toxiques » en prenant pour exemple plusieurs leaders mondiaux.
- Oreilles chastes, s’abstenir !
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Festival de Cannes 2026 : films attendus, stars et actualités de la Croisette
Il est l’une des voix les plus libres de Hollywood. Une chose est sûre, Javier Bardem n’a pas laissé ses convictions au pied des marches du Palais des Festivals de Cannes où il a présenté ce samedi en compétition
L’Être aimé
de son compatriote Rodrigo Sorogoyen. « J’estime qu’il est important de pouvoir exprimer son point de vue, en sachant que tout le monde ne sera pas d’accord »
, a déclaré à l’AFP l’acteur espagnol oscarisé en amont de la projection officielle de ce film dans lequel il incarne un cinéaste impulsif habitué aux coups de sang.
Il faut pouvoir se regarder dans le miroir, se regarder dans les yeux, et c’était mon cas
Il faut pouvoir se regarder dans le miroir, se regarder dans les yeux, et c’était mon cas
Javier Bardem
En conférence de presse ce dimanche, Javier Bardem s’est agacé de la masculinité toxique qui gangrène nos sociétés. L’acteur espagnol a notamment évoqué le nombre de féminicides en constante augmentation de l’autre côté des Pyrénées. « En moyenne, deux femmes sont tuées chaque mois par leur ex-mari, leur ex-petit ami ou leur ex-conjoint (…). On a en quelque sorte banalisé ça en se disant : ‘Oui, c’est horrible’. On est complètement fous ou quoi ? On tue des femmes parce que certains hommes pensent qu’elles leur appartiennent ? »
, s’est-il interrogé face aux journalistes, cité par Variety
(nouvelle fenêtre).
Javier Bardem speaks out in #Cannes on toxic masculinity: « That problem also goes to Trump, Putin and Netanyahu… the big balls man saying ‘my cock is bigger than yours and I’m going to bomb the shit out of you’ is a f*cking male toxic behavior that is creating thousands of… pic.twitter.com/A9Q30HzNJt — Variety (@Variety) May 17, 2026
« Et ce problème concerne aussi M. Trump, M. Poutine et M. Netanyahou »,
a-t-il ajouté, les qualifiant d’« hommes aux c*** bien remplies qui disent : ‘Ma b*** est plus grosse que la tienne et je vais te bombarder jusqu’à ce que tu ne sois plus qu’un tas de cendres’. « C’est un put*** de comportement masculin toxique qui fait des milliers de morts. Donc oui, il faut qu’on en parle. Et nous en parlons parce que nous en sommes davantage conscients, heureusement »
, a-t-il insisté. Javier Bardem, qui dénonce depuis plusieurs mois le sort des Palestiniens à Gaza dans le conflit entre le Hamas et Israël, a par ailleurs martelé que « le génocide commis à Gaza est un fait »
.
« On peut s’y opposer, on peut essayer de le justifier mais c’est un fait. Si vous le justifiez par votre silence ou votre soutien, vous êtes complice de génocide. Pour moi, ce sont des faits »
, a-t-il souligné. L’Espagnol, époux de Penélope Cruz à la ville, reconnaît que « la peur existe »
de ne plus pouvoir travailler à Hollywood après ses prises de parole.
« Mais il faut agir même si l’on se sent un peu inquiet ou effrayé (…). Il faut pouvoir se regarder dans le miroir, se regarder dans les yeux, et c’était mon cas. C’est ma mère qui m’a appris à être comme je suis. Il n’y a pas de plan B. Cela implique des conséquences, que je suis tout à fait prêt à assumer »
, a-t-il encore assuré. Tout en admettant qu’il continuait à recevoir des propositions de rôle partout dans le monde, signe que « les choses sont en train de changer »
sur cette question.

