- C’est un véritable marathon auquel notre envoyé spécial sur la Croisette s’est livré pendant deux semaines.
- Vingt-deux films étaient en lice pour la Palme d’or du 79ᵉ Festival de Cannes, qui sera décernée ce samedi.
- Des tops, des flops, des coups de cœur et des coups de gueule, voici son classement subjectif.
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Festival de Cannes 2026 : films attendus, stars et actualités de la Croisette
Alors, il est comment ce cru cannois 2026 ? Dominée par le cinéma européen, l’Asie sur les talons, les studios hollywoodiens aux abonnés absents, la compétition de cette 79ᵉ édition s’est également avérée très éclectique, avec des cinéastes flirtant avec tous les genres du 7ᵉ art pour raconter le monde qui les entoure et ses petits bobos.
Notre envoyé spécial sur la Croisette a vu les 22 films en lice pour la Palme d’or. Voici son classement du pire au meilleur.
22. « Histoires de la nuit »
Le pire film de la compétition, véritable insulte au roman de Laurent Mauvignier. Un croisement nanardesque entre History of Violence
et « L’Amour est dans le pré ». Tout le monde joue mal, sauf le chien qui hélas meurt beaucoup trop tôt. Ça crie beaucoup pour pas grand-chose tellement c’est prévisible. Et ça fait du bien quand ça s’arrête.
21. « L’Aventure rêvée »

Aurait très bien pu s’appeler L’Ennui réveillé
. La campagne bulgare est pittoresque. Mais il y a des endroits plus sympas sur terre pour ne rien faire pendant 2h45. Le personnage le plus sympa disparaît sans explication au bout de 30 minutes et revient de la même façon pour les 30 dernières. Il est sans doute allé dormir.
20. « Soudain »
Directrice d’un Ehpad dans le XIXᵉ arrondissement, au bord du burn-out, Virginie Efira fait la rencontre d’une dramaturge japonaise en phase terminale d’un cancer. Avant de mourir, elle lui enseigne l’art du message des pieds et l’emmène manger des nouilles à Kyoto, entre 50 pages de dialogues interminables sur la fin de vie à l’ère du capitalisme. Dites-vous bien que ça dure 3h15 !
19. « Histoires Parallèles »
Empiler des stars dans une même équipe pour dissimuler l’absence de fond de jeu ? Le dernier film d’Asghar Farhadi est au cinéma d’auteur ce que le PSG de Messi, Neymar et Mbappé était à la Ligue 1. Malgré quelques jolies actions individuelles – une engueulade Huppert-Deneuve savoureuse –, le coach iranien nous quitte sur un 0-0 sans imagination.
18. « Fatherland »
J’avoue être resté à la porte de ce voyage très enthousiasmant en Allemagne de l’Est en 1949. Dans Cold War, le noir et blanc envoûtant de Pawel Pawlikowski exacerbait les émotions. Cette fois, je l’ai trouvé un peu artificiel et agaçant. Même la reine Sandra Hüller m’a semblé à côté de ses pompes !
17. « Quelques jours à Nagi »
À la suite de son divorce, une jeune femme débarque chez sa belle-sœur qui lui propose de sculpter son buste en bois. Entre deux séances de pose, elle se lie d’amitié avec deux ados sensibles dont les parents n’acceptent pas la différence. C’est gentillet. Et si ennuyeux ! Ces quelques jours dans le petit bled de Nagi m’ont paru durer une éternité.
16. « Sheep in the box »
À la suite de la mort de son fils, un couple de Japonais s’achète un enfant-robot qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Sauf que, devinez quoi, il ne remplacera jamais vraiment l’original ! Hirokazu Kore-Eda nous a habitués à tellement mieux et surtout tellement plus subtil. Immense déception.
15. « The Man I Love »
C’est peut-être la collusion avec des films plus audacieux en compétition, mais j’ai trouvé The Man I Love
tellement fade et prévisible. Genre les airs d’opéra pour souligner le destin funeste de Jimmy George, artiste mort du sida dans le New York des années 1980… So cliché !
Et puis Rami Malek en fait des caisses. C’est bon, tu l’as déjà ton Oscar !
14. « Autofiction »
Est-ce que j’ai vite perdu le fil ? Oui. Est-ce qu’il y a trop de personnages qui apparaissent et disparaissent sans avoir eu le temps d’exister ? Est-ce que j’ai trouvé Almodóvar triste, voire blasé, sous le vernis coloré ? Oui. Est-ce que j’ai envie de redonner une chance au film plus tard ? Évidemment. Parce que Pedro… Ben c’est Pedro.
13. « Hope »
Tant que Na Hong-jin fait appel à l’imagination du spectateur, Hope
est très excitant. Dès qu’il fait appel à la sienne, ça tourne en rond, un mix chelou entre Prometheus
et Transformers
entrecoupé de poursuites hyper-répétitives et de blagues scato. Et cette fin.
12. « L’Être aimé »
Je trouve que L’Être aimé
abuse des effets de style pour accoucher d’un portrait assez convenu sur un thème en vogue. Bouh les méchants cinéastes toxiques ! Mais pas Rodrigo Sorogoyen, qui se place automatiquement du côté des gentils, n’est-ce pas ? Ceci dit, Javier Bardem est magnétique et la scène d’ouverture face à Victoria Luengo, magistrale.
11. « Garance »
Mettre « film solaire » et « alcoolisme » dans la même phrase, c’est le défi que la talentueuse Jeanne Herry relève haut la main avec cette comédie dramatique (et intelligente) entièrement à la gloire de son interprète, l’incomparable et unique Adèle Exarchopoulos.
10. « Paper Tiger »
Le nouveau James Gray aurait pu s’appeler Two Brothers
, mais Paper Tiger
, c’est très bien. Dans la ligne du précédent et sous-estimé Armaggedon Time
, du beau cinéma vintage comme Hollywood n’en fait plus. Avec de « vrais personnages » comme l’IA n’en produira jamais. Enfin, j’espère.
9. « Gentle Monster »
Le film de Marie Kreutzer est un anti-conte de fées où la princesse découvre que son prince stocke des images pédopornographiques dans son disque dur. C’est glauque. Mais grâce à la performance captivante de Léa Seydoux, on reste en haleine jusqu’au bout du cauchemar en fredonnant « Would I Lie to You » de Charles et Eddie.
8. « La Vie d’une femme »
Sous le charme total de cette tranche de vie « à la française » qui n’a pas plu du tout à mes confrères étrangers. L’écriture de Charline Bourgeois-Tacquet sera-t-elle trop parisienne pour franchir les frontières ? Maybe. Et puis Léa Drucker est magnifique en boss lady qui perd pied quand le désir ressurgit dans son existence millimétrée.
7. « L’Inconnue »
Je ne me suis pas réveillé dans le corps de Léa Seydoux au lendemain de la projection. Mais j’ai souvent repensé à ce grand film d’épouvante mélancolique. Beaucoup de festivaliers sont restés hermétiques à la forme un peu malaisante. Dommage. Ça dit plein de choses sur l’identité, le corps, les rapports entre les sexes. Ça existe le smart horror ?
6. « Notre Salut »
Porté par l’épatant Swann Arlaud, le meilleur acteur blacklisté du cinéma français, Notre Salut
aurait pu s’intituler « L’homme qui s’est planté sur toute la ligne ». Le mélange d’hyperréalisme et d’anachronismes m’a captivé pendant tout le film. Et puis « Life is Life » sur les foules acclamant Pétain, il fallait oser !
5. « Moulin »
Prendre un héros de l’Histoire de France. Le plonger dans une ambiance de film noir, avec parano, trahison et femme fatale. Le confronter à un monstre prêt à le dévorer tout cru. Acceptant ce parti pris audacieux du scénariste Olivier Mangel, Laszlo Nemes renoue avec les ténèbres de son meilleur film, Le Fils de Saul
. Et puis le duel Lellouche-Eindiger est d’enfer.
4. « Fjord »
Moins austère que d’habitude, Cristian Mungiu orchestre la confrontation entre une famille traditionnelle venue de Roumanie et la société progressiste scandinave. C’est toutes les incompréhensions de l’époque concentrées en un seul film. Et puis Sebastian « Bucky Barnes » Stan en mormon crâne dégarni, quelle chouette idée !
3. « Minotaure »
Précis comme un sniper, Andreï Zviaguintsev dessoude la cruauté de la bourgeoisie pro-Poutine dans ce vrai-faux remake de La Femme infidèle de Chabrol, transposé à l’aube de la guerre de « l’opération spéciale » en Ukraine. C’est drôle et méchant, intime et politique. Moscou va adorer.
2. « Coward »
Est-ce que quelqu’un avait déjà filmé la guerre de cette façon ? Jamais. Lukas Dhont met de la grâce et de l’élégance dans tout ce qu’il fait. Les regards, les gestes, les silences. Comme avec ses films précédents, l’émotion grandit au fil des minutes… et puis les larmes coulent au dernier plan. Un classique instantané.
1. « La Bola Negra »
Comment dit-on flamboyants en espagnol ? Los Javis, bien sûr ! C’est aussi ça la Croisette : assister à l’éclosion de jeunes talents qui vous sautent aux yeux et à la gorge avec des images inoubliables et des émotions intenses. J’ai croqué dans les trois histoires entremêlées de La Bola Negra
avec audace et sensualité. Le cinéma plus grand que la vie.

