- Une grande partie de la pollution des océans est due à la pêche, notamment aux filets en plastique.
- Le Sri Lanka subit plus que d’autres pays ce fléau en raison de sa situation dans l’océan Indien.
- Depuis des années, des associations tentent de sensibiliser la population.
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Le 13H
Ils font des ravages et menacent tout un écosystème. Les filets de pêche en plastique sont un véritable fléau au Sri Lanka. Si le pays vit de la pêche, ces « filets fantômes » continuent de tuer des animaux marins tous les ans. Depuis des années, des associations tentent de sensibiliser la population.
À 4 km de Colombo, la capitale sri-lankaise, un groupe de plongeurs s’active à 15 mètres sous la mer. Leur cible ? Un filet d’une centaine de mètres perdu par un navire de pêche et coincé sur une épave. L’alerte a été donnée par des plongeurs en sortie touristique. « Les poissons se font piéger, d’autres viennent les manger et se retrouvent coincés à leur tour. C’est tout un écosystème qui s’effondre à cause de ces filets »,
explique Muditha Katuwalawa, le responsable de l’ONG The Pearl Protectors dans le reportage du 13H ci-dessus.
600 ans pour se décomposer
Ces bénévoles disposent de seulement 50 minutes par bouteille d’oxygène pour enlever un maximum de ce piège de nylon emberlificoté sous l’eau. Une traque hebdomadaire qu’ils mènent depuis deux ans tout autour de l’île. « On a nettoyé l’avant de l’épave, mais il en reste encore, on va devoir y retourner »
, lance Muditha Katuwalawa en remontant en surface.
600 ans, c’est le temps qu’il faut à ce plastique pour se décomposer. À la dérive, ces filets fantômes continuent de tuer des animaux marins. Près de 300 tortues se sont échouées sur les côtes sri-lankaises l’an dernier. « On a secouru cette tortue il y a deux mois, sa nageoire était tellement emmêlée dans les cordes qu’elle a été sectionnée »
, explique Charith Dilshan, responsable du centre de sauvegarde de tortues Galbokka. « On en sauve quelques-unes, mais il y en a des milliers qui meurent au large, c’est inimaginable »
, se désole ce fils de pêcheur.
La pêche étant l’une des plus grosses industries du pays – 10% de la population en dépend – il est impossible de se passer de ces filets. Et le problème n’a pas pour origine les seuls pêcheurs locaux. L’île est l’un des réceptacles de l’ensemble des déchets de l’océan Indien.
« Les courants de l’océan Indien poussent les filets fantômes venus d’autres pays jusqu’à nos côtes. C’est un fléau mondial. Sans action internationale, l’avenir de nos océans est menacé »
, alerte Rashmi Bandara, scientifique experte en technologies de pêche. Chaque année, le Sri Lanka retire deux tonnes de ces filets, une goutte d’eau. Près de 640.000 tonnes de matériel fantôme se retrouvent dans les océans tous les ans.

