- C’est habituellement un lieu interdit au public.
- Une équipe de TF1 a pu exceptionnellement se rendre sur la plateforme de forage pétrolier de TotalEnergies en Angola.
- Sur place, les ingénieurs du géant français exploitent des gisements d’or noir situés à plus de 2,5 km de profondeur.
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Le 20H
C’est dans les airs que commence le voyage des journalistes de TF1 vers ce site hautement stratégique. Après plus d’une heure d’hélicoptère, à 140 km des côtes de l’Angola, la plateforme offshore de TotalEnergies apparaît enfin au milieu de l’océan Atlantique. Longue comme trois terrains de football, elle exploite un gisement de pétrole sous la mer depuis plus de dix ans. Depuis quelques semaines, sa production, qui remonte des fonds par quatre tuyaux, augmente.
Pour aller chercher le pétrole, l’installation est hors norme. « Tout autour de nous, sous la mer, il y a quatre gisements principaux de pétrole qui s’étendent sur une très grande superficie, l’équivalent de trois fois la ville de Paris »
, indique notre envoyée spéciale dans le reportage ci-dessus. Sur dix kilomètres autour de la plateforme, les tuyaux descendent sur près de deux kilomètres et demi au fond de l’eau, puis dans la roche. C’est là que se situe le pétrole.
Des robots pilotés depuis une salle de contrôle
Mais la substance récupérée est en réalité un mélange de pétrole, d’eau et de gaz. « On parle de 30 à 40 millions d’années de matière organique »
, souligne Robert Vonfeldt, chef du FPSO CLOV. Dans une immense cuve, le pétrole est ensuite séparé de l’eau et du gaz. Au fil du temps, toutes les réserves d’or noir au fond de la mer se vident, alors pour exploiter plus longtemps les gisements, il faut continuer à forer. « Pour soutenir la production, parce que la demande est toujours là, nous allons justement aller chercher soit complètement de nouveaux champs, soit des champs existants »
, avance Mutombo Dondo, directeur du block 17.
Lors des opérations en profondeur, il est impossible de descendre au niveau des puits. Les plongeurs ne résisteraient pas à la pression du fond. Chaque intervention est alors réalisée par des robots pilotés depuis une salle de contrôle. « Ce n’est que comme ça qu’on arrive à opérer (…) Sur une tête de puits comme celle-là, on n’a pas de fuites parce que justement ces robots font aussi de l’inspection. Ils les survolent, on regarde »
, assure Mutombo Dondo.
C’est une période où il faut avoir en considération que vous êtes là quatre semaines, mais vous êtes absent de la maison quatre semaines
C’est une période où il faut avoir en considération que vous êtes là quatre semaines, mais vous êtes absent de la maison quatre semaines
Patrice Ollivier, infirmier anesthésiste de la plateforme
Pour faire fonctionner le site 24 heures sur 24, 240 personnes travaillent à bord. Certains la journée, d’autres la nuit. Tous restent quatre semaines. Ils sont ingénieurs, cuisiniers, pompiers, de plusieurs nationalités. Patrice Ollivier, lui, est l’infirmier anesthésiste de la plateforme, et comme tous, il dort sur son lieu de travail. « C’est une vie spéciale. C’est une période où il faut avoir en considération que vous êtes là quatre semaines, mais vous êtes absent de la maison quatre semaines. Vous êtes au travail, ça veut dire que vous vous êtes absent pour les bons événements et pour les mauvais événements »
, admet-il. En dehors du travail, il y a quelques moments pour se détendre, une salle de sport et un réfectoire, évidemment. Une présence en permanence sur le lieu de travail, en partie compensée par des salaires élevés : entre 6.000 et 10.000 euros par mois pour un technicien confirmé.
À bord, l’activité ne s’arrête jamais. Au même moment, une opération ultra-périlleuse est menée. Elle a lieu tous les dix jours seulement. « Un tanker vient d’arriver à proximité de la plateforme, il est environ à deux kilomètres et demi, et il est en train de récupérer 160 millions de litres de pétrole, l’équivalent d’une journée de consommation en France »
, précise notre journaliste. Ce bateau est chargé d’acheminer le pétrole vers plusieurs pays dans le monde. Il se fixe à une bouée elle-même reliée au tuyau de la plateforme. Le remplissage de la cuve du tanker dure vingt-quatre heures. « Nous avons des tankers qui vont en Asie et très souvent en Europe vers des raffineries »
, souligne Mutombo Dondo. Comptez un mois pour retrouver ce pétrole dans nos stations-service.
Une cargaison très attendue à l’heure où le détroit d’Ormuz est paralysé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et par lequel 20% de la production mondiale transite. Alors pour compenser les blocages, ce pétrolier français produit un peu plus chaque jour. Et surtout, il a démarré en urgence de nouvelles explorations. « La transition va prendre du temps et aujourd’hui on continue à avoir besoin des énergies fossiles. Notre objectif à nous, c’est bien sûr de travailler sur la transition mais c’est aussi de travailler différemment sur les énergies fossiles »
, explique Martin Deffontaines, directeur général de TotalEnergies Angola.
En plus de cette entreprise française, d’autres, angolaises, américaines, britanniques sont présentes ici. Ce qui fait de l’Angola, aux fonds sous-marins riches en hydrocarbures, un des plus gros producteurs de pétrole du monde.

