• Au pouvoir depuis fin 2023, Javier Milei mène une politique ultralibérale en Argentine.
  • Celui qui se considère comme un « anarcho-capitaliste » multiplie les réformes chocs, au risque de faire vaciller sa popularité et d’augmenter la pauvreté dans son pays.
  • Voici cinq choses à savoir sur « l’homme à la tronçonneuse », qui sera ce lundi à 21h sur LCI.

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Il avait promis de « rendre à l’Argentine sa grandeur » à coups de « tronçonneuse« . Javier Milei a-t-il réussi son pari ? Lui, en tout cas, y croit. Trois ans après son arrivée au pouvoir, le président argentin ne cesse de revendiquer des succès incontestables, en particulier contre l’inflation et l’endettement public. Mais le prix à payer est considérable, entre récession et pauvreté croissante. Retour sur les temps forts de la carrière du libertarien, invité exceptionnel ce lundi 21 septembre sur LCI. 

Des « fils à quatre pattes »

Javier Gerado Milei a grandi dans la banlieue de Buenos Aires dans une famille de classe moyenne, avec laquelle il a avoué une relation « complexe« , marquée notamment par la violence paternelle. Diplômé d’économie, il a alterné conseil dans le privé et enseignement, rédigeant des livres d’économie et des chroniques, dont certaines lui valurent des accusations de plagiat. Sa vie privée demeure un mystère. Son seul cercle étroit avéré est sa sœur Karina, omniprésente à ses côtés – « le chef« , comme il l’appelle. Mais surtout ses « fils à quatre pattes« , des mastiffs anglais de 100 kilos. 

L’un d’entre eux, « Conan », serait décédé en 2017. Un Conan avec lequel Milei « communique« , comme l’affirmait une biographie non autorisée publiée en 2023. Une « communication » jamais confirmée par Milei, même si une médium spécialiste de « télépathie animale » avoua lui avoir apporté une « aide au travail de deuil« . Ceux qui sont toujours en vie sont nommés d’après des économistes libéraux Milton (pour Friedman), Murray (pour Rothbard), Robert, Lucas (Robert Lucas).Ils vivent dans des chenils aménagés dans la résidence présidentielle d’Olivos, selon Javier Milei. Il a révélé début avril à CNN que sa routine matinale est de passer un moment avec ces « cinq » chiens avant d’aller travailler.

Des positions radicales

« Anarcho-capitaliste« , comme il se décrit, mais aussi dépeint comme d’extrême droite, avec une touche libertaire, il a accumulé les prises de position radicales, polémiques (favorable aux armes en vente libre ou à un marché d’organes, au nom de « la liberté à disposer de son corps« ). Plus d’un de ses rivaux a tenté de dépeindre Milei, connu pour ses accès de colère, comme « émotionnellement instable« , voire « fou« . »La différence entre un génie et un fou, est le succès« , aime à répéter Milei. Un succès qu’il obtient en novembre 2023, après des mois de meetings durant lesquels ont résonné des cris du « lion« , son effigie, évoquant à la fois sa chevelure soigneusement ébouriffée et son slogan fétiche : « Je ne suis pas là pour guider des agneaux, mais pour réveiller des lions !« 

Une tronçonneuse comme signature

Javier Milei l’assure : il s’attèle à refaire de l’Argentine « une puissance mondiale« , comme lorsqu’elle était « terre promise » d’émigration, au début du 20e siècle. Un thème de « grandeur retrouvée » qui n’est pas sans rappeler Donald Trump, pour lequel il exprime souvent son admiration. Son outil ? Une tronçonneuse maintes fois brandie en meetings, symbolisant les coupes à venir dans la dépense publique, pour en finir avec « cette aberration appelée justice sociale, synonyme de déficit budgétaire« . 

Son « Plan Tronçonneuse » (Plan Motosierra) est radical, entre réduction de moitié du nombre de ministères depuis son arrivée au pouvoir, licenciement massif de dizaines de milliers de fonctionnaires ou encore suppression des subventions publiques (transports, énergie) et des contrats d’État. Cet objet est devenu au fil des mois sa signature : il en a offert une à Elon Musk.

Des insultes envers le pape

Au cours de sa montée en puissance politique, Javier Milei avait à plusieurs reprises critiqué, voire insulté, le pape François, Argentin, selon lui, « gauchiste« , « personnage néfaste« , « imbécile« , entre autres. Puis il avait considérablement baissé le ton au moment de son élection, présentant des excuses publiques, avant d’être chaleureusement reçu au Vatican en février 2024, actant une réconciliation médiatisée avec le souverain pontife. En 2025, il avait félicité Léon XIV lors de son arrivée au Vatican, exprimant le souhait que la voix du souverain pontife « résonne avec force » en défense de « la vie« , de « la liberté » et de la « propriété privée« .

Des résultats économiques à double tranchant

Quant à l’économie, le bilan de Javier Milei est implacable. L’austérité budgétaire appliquée a eu un spectaculaire effet sur l’inflation, ramenée de 161% à environ 33% interannuel en moins de trois ans. Mais elle constitue également un coup dur pour la consommation et l’activité, à la peine hormis quelques secteurs comme l’agriculture, les mines et les services financiers. Ces derniers mois, les débats se sont cristallisés autour des conséquences de la stabilisation macroéconomique, atteinte par l’austérité et la décélération de l’inflation, sur la consommation, l’emploi, et l’endettement des ménages. 

Selon les syndicats, quelque 30.000 PME ont été perdues en trois ans, ainsi que 300.000 emplois, tous secteurs confondus. Simple transition, balaie d’un revers de la main l’exécutif. « De la même façon que des entreprises apparaissent, des entreprises disparaissent. C’est un phénomène naturel« , affirmait Javier Milei en août, bien décidé à accélérer pour la dernière partie de son mandat.

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