- Lyhanna a disparu vendredi 29 mai à Fleurance (Gers) après avoir quitté son collège.
- Le père de l’une de ses amies a été mis en examen lundi soir et écroué pour « enlèvement et séquestration de mineure » alors que l’enfant de 11 ans reste introuvable.
- Grégory Bobbato, maire de la commune, revient sur la crise exceptionnelle qu’il doit gérer aujourd’hui.
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L’inquiétante disparition de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers
Oenologue et vigneron de profession, élu depuis mars à la mairie de Fleurance, Grégory Bobbato, quadragénaire, ne pensait pas se retrouver moins de trois mois plus tard face à une telle situation. « Je dois gérer aujourd’hui un événement très difficile, avec une cellule de crise, mais je dois le faire pour les parents de la fillette, pour mes habitants et pour moi »,
nous confie-t-il.
C’est sur sa commune que Lyhanna, 11 ans a disparu vendredi 29 mai. Ce jour-là, elle a été vue pour la dernière fois à 15h05 à la sortie du collège Hubert-Reeves où elle est scolarisée, puis elle est montée à bord de la voiture du père de l’une de ses amies, un certain Jérôme B., qui assure l’avoir déposée à la piscine ensuite. Des déclarations « jugées incohérentes et imprécises »,
a fait savoir Clémence Meyer, procureure de la République d’Auch. Elles sont cumulées à un faisceau d’indices, à des « dénégations »
, selon le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, qui a récupéré cette triste affaire. Et elles ont conduit à la mise en examen lundi soir de ce père de famille de 41 ans pour « enlèvement et séquestration de mineure » et à son placement en détention provisoire. Ce mardi, Lyhanna demeure, elle, toujours introuvable, cinq jours après sa disparition.
Les citoyens cherchent la petite d’eux-mêmes
Par-delà l’émotion et la tristesse, le maire de la commune rurale du Gers doit aussi tenter de contenir l’élan de solidarité qui s’est mis en place après que la disparition de Lyhanna a été connue de la population, d’abord via les avis de recherche sur les réseaux sociaux, puis avec l’appel à témoins de la gendarmerie dimanche 31 mai. « Beaucoup de citoyens veulent s’investir. Nous essayons de coordonner tout cela pour que ça ne vienne pas déranger les gendarmes dans leur travail. Je fais des réunions d’information, je reçois des gens qui veulent s’impliquer, on les liste et puis ensuite on propose des actions de terrain qui doivent être validées par les autorités »,
détaille Grégory Bobbato à notre rédaction.
Sur les réseaux, en effet, nombreux sont ceux qui manifestent leur volonté d’aider à tout prix dans les recherches, d’autant plus que l’on joue aujourd’hui contre la montre. Dans leurs posts, ils recensent tous les lieux cachés où pourrait être la fillette, notamment les cimetières, châteaux, zones boisées, citernes et autres poubelles… Certains ont déjà été sur site pour vérifier d’eux-mêmes malgré les recommandations, dimanche 31 mai, de la procureure de la République d’Auch. Celle-ci avait en effet appelé dans un communiqué « les habitants qui ont entamé des recherches à la responsabilité pour ne pas entraver les recherches en cours et agir dans le respect des consignes des gendarmes pour encadrer ces battues ».
Quel mot d’ordre le maire donne-t-il à ses administrés et aux autres personnes qui veulent agir ? « Parfois ils ne se rendent pas compte qu’ils peuvent disperser les pistes, parfois même entraver le travail des enquêteurs. C’est pour ça que je joue depuis quelques jours le rôle de tampon, j’essaie de faire en sorte que mes concitoyens comprennent et respectent les consignes. Quand l’émotion dépasse la raison, les conséquences peuvent parfois être dramatiques », souligne l’élu.
Leur dit-il alors de ne pas aller sur le terrain d’eux-mêmes ? « Absolument pas. Qui je serais en tant que maire d’une commune ayant perdu une petite fille pour dire à qui que ce soit : « N’y allez pas ! »? Chacun a son libre arbitre, chacun fait ce qu’il veut de sa vie. Les libertés individuelles, ça existe. Simplement, je dis que le collectif vaut mieux que les initiatives individuelles qui parfois sont malvenues dans ce type d’affaire »,
ajoute Grégory Bobbato.
Une nouvelle battue citoyenne à venir ?
Outre les consignes orales, le maire a pris également lundi 1er juin un arrêté à la demande des enquêteurs portant sur la fermeture de lieux municipaux.
Cet arrêté indique notamment que « le parking de l’espace culturel et sportif est interdit d’accès au public à compter du 1ᵉʳ juin 2026 et jusqu’à nouvel ordre »
. « C’est essentiellement un arrêté pour mettre à disposition des emplacements de stationnement pour les véhicules des enquêteurs. Ce n’est pas une zone de recherche »
, précise l’élu après des rumeurs avant d’ajouter que les zones de recherche s’étaient concentrées pour l’instant à certains endroits de sa commune, notamment « la base de loisirs et les cours d’eau ».
Selon lui, une nouvelle battue citoyenne pourrait être organisée dans les prochains jours si les autorités le souhaitent. « S’il y en a une, elle sera encadrée »,
conclut l’édile.

