- La destruction de la forêt entraîne la disparition temporaire de tout un écosystème.
- La faune sauvage est elle aussi victime des incendies : de nombreux animaux se retrouvent piégés par les flammes, incapables de fuir à temps.
- Selon l’Office français de la biodiversité, leur nombre pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliers.
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Le 20H
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Après cinq jours loin de ses animaux, Aymeric Cambrillat, propriétaire d’une ferme pédagogique au Porge (Gironde) revient enfin, soulagé de retrouver ses oies et ses cochons, qu’il n’avait pas pu emmener avec lui à l’abri des feux qui ont déjà ravagé 42.000 hectares.
« On a sauvé du coup les ânes, les moutons, les chèvres, quelques volailles, mais on est toujours dans l’angoisse aussi que le feu ne vienne pas là où on est »
, explique dans le reportage en tête de cet article ce dernier. À Biscarrosse, des chevaux galopant dans les rues pour fuir l’incendie, dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux, auront eux aussi eu la chance de pouvoir échapper aux flammes.
Mais pour la faune sauvage, ces mégafeux erratiques compliquent grandement la fuite. En témoignent les images de chevreuils paniqués et déboussolés, peinant à trouver une issue au cœur des flammes, dans la vidéo ci-dessus. Alors que l’un d’eux ne sait plus comment avancer, bloqué par un grillage, des habitants tentent de venir le secourir.
« Ils ne pourront pas s’échapper »
Combien d’animaux ont déjà péri ? Il est encore trop tôt pour le mesurer, mais cela peut déjà se compter en plusieurs dizaines de milliers selon l’Office français de la biodiversité (OFB). Car au-delà des gros mammifères, il y a aussi toute une faune silencieuse. « Comme les hérissons, les grenouilles, et puis bien sûr la cohorte d’insectes qui sont l’essentiel en tant que nourriture pour un grand nombre de ces espèces-là. Donc eux, on le sait, ne pourront pas s’échapper. Et donc à 99%, ils vont tous mourir. Voilà, ça c’est une réalité »,
explique Eric Hansen, directeur interrégional Paca & Corse de l’OFB.
Ce sont aussi leurs habitats, leurs refuges, leurs garde-mangers qui sont détruits. Et puis il y a les conséquences post-incendie. Les cendres, qui contiennent des métaux lourds, s’accumulent dans les sols et, à la première pluie, sont drainées vers les cours d’eau, affectant durablement la faune aquatique. Ces écosystèmes peuvent-ils se régénérer ? Oui, mais il faut du temps, au moins 10 ans, à condition qu’il n’y ait pas d’autres incendies.
« Le problème, effectivement, actuellement, c’est que ça brûle de façon récurrente sur des surfaces beaucoup plus grandes surfaces, de façon répétée, à cause du dérèglement climatique. Et donc là, il faut vraiment se rendre compte qu’il faut agir à la source, parce que ça va évidemment s’amplifier si on ne réduit pas nos émissions de carbone »,
commente Tatiana Giraud, directrice de recherche au CNRS.
Les forêts fournissent notre oxygène, captent le carbone, filtrent notre eau. Entre autres, elles sont donc indispensables à notre survie.
La rédaction de TF1info | Reportage Tiphaine Leproux, Ginévra VOULTERINI et Romain LIMA

