- Le procès d’un féminicide s’est ouvert lundi devant la cour d’assises du Gard.
- Les avocats des proches de la victime pointent l’inaction des gendarmes quelques heures avant le drame.
- Malgorzata Splawska avait été tuée par son compagnon en juillet 2022, quelques heures après un passage des militaires à son domicile.
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Mort de Lyhanna, 11 ans : après le drame, l’onde de choc judiciaire
C’est un procès qui résonne tragiquement avec l’actualité. Devant la cour d’assises du Gard, les jurés sont confrontés depuis lundi à un féminicide qui rappelle « de manière effroyable »
l’affaire Lyhanna (nouvelle fenêtre), selon les mots des deux avocats des proches de la victime, qui mettent en cause l’inaction de l’État et en particulier de deux gendarmes.
Pour comprendre l’affaire, il faut remonter en 2022. La victime, Malgorzata « Maggie » Splawska, âgée de 50 ans, était alors en couple depuis trois ans avec l’accusé, Pierre Quistrebert, aujourd’hui âgé de 64 ans, lorsque l’artisan a commencé à la soupçonner de le tromper et à la harceler.
Dans la nuit du 24 au 25 juillet, fortement alcoolisé, il la menace de mort et lui porte des coups, selon le récit des voisins, qui alertent la gendarmerie. Vers six heures du matin, les deux militaires dépêchés sur place trouvent un homme « très calme »
et ne procèdent pas à son interpellation. « Je lui ai conseillé de dormir, de prendre une grande tasse de café »
, déclarera aux enquêteurs l’un des gendarmes.
32 coups de couteau
Quelques heures plus tard, vers midi, Pierre Quistrebert se rend sur le lieu de travail de sa compagne, muni d’un couteau pour « l’intimider »
et pour qu’elle lui avoue le nom de son supposé amant, a-t-il expliqué à l’audience de mardi.
En moins d’une minute, il lui assène alors 32 coups de couteau alors qu’elle se trouve dans sa voiture sur le parking de l’entreprise, sans toutefois avoir, selon lui, « prémédité »
son geste. Le verdict est attendu mercredi.
Tout le monde doit balayer devant sa porte
Tout le monde doit balayer devant sa porte
Me Fabien Arakelian, avocat de la famille de la victime
« Est-ce que les professionnels de justice peuvent sincèrement dire que, le matin des faits, cet homme ne devait pas être placé en garde à vue ? »
, s’est interrogé Me Fabien Arakelian, qui défend les intérêts de la famille. L’avocat a depuis saisi le tribunal judiciaire de Paris pour faire condamner l’État (nouvelle fenêtre) pour « faute lourde »
dans ce dossier, et assure que « tout le monde doit balayer devant sa porte »
.
Son confrère Marc Geiger, également avocat des parties civiles, a établi quant à lui un parallèle direct avec l’autre affaire qui secoue actuellement le pays : « Ce ne sont pas les gendarmes qui ont donné les coups de couteau à Maggie, et ce ne sont pas les services judiciaires qui ont tué Lyhanna, mais elles sont mortes »
.
Selon les derniers chiffres officiels publiés en octobre, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11% entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. La mort de Lyhanna, petite fille de 11 ans tuée dans le Gers, a quant à elle déclenché depuis début juin une crise majeure de l’exécutif, le principal suspect n’ayant jamais été interpellé malgré plusieurs plaintes et signalements pour violences sexuelles sur mineurs.

