- Tiphaine Véron a mystérieusement disparu en juillet 2018 alors qu’elle voyageait seule au Japon.
- La police locale privilégie l’accident, mais sa famille n’y a jamais cru.
- Une équipe de TF1 a suivi son frère, Damien, reparti sur ses traces avec de nouveaux éléments.
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Le 20H
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Sa mystérieuse disparition dans la campagne japonaise hante sa famille depuis huit ans. En juillet 2018, Tiphaine Véron s’est volatilisée alors qu’elle voyageait seule au Japon. La piste de l’accident a été privilégiée, mais sa famille n’y a jamais cru. Huit ans après, sa sœur et son frère continuent de remuer ciel et terre pour retrouver sa trace. Cet été, une équipe de TF1 a accompagné ce dernier sur place, après la révélation de nouveaux éléments.
C’est le dixième voyage de Damien Véron au Japon. La disparition de sa sœur occupe constamment ses pensées. « C’est toujours particulier, parce qu’il y a toute la frustration du voyage… d’imaginer que Tiphaine, elle aussi, l’a fait, mais n’a pas pu aller au bout de son rêve. Et en même temps, on est déjà sur tous les fronts. Là, il y a des rendez-vous déterminants qui arrivent. Ce n’est pas évident
« , confie Damien Véron à son arrivée, dans le reportage du JT de 20H visible en tête de cet article.
Une photo prise par des touristes japonais
Tout a basculé le 28 juillet 2018, dans une région montagneuse du Japon. Tiphaine Véron, touriste de 36 ans, arrive à la gare de Nikko, à deux heures de Tokyo. Quelques minutes plus tard, elle envoie une vidéo à sa famille, les derniers signes de vie. Face à notre caméra, son frère retourne à l’endroit même de ces dernières images : un pont rouge typiquement japonais traverse une rivière bordée par une végétation luxuriante. « Elle était toute contente, elle venait d’arriver à Nikko
« , se souvient-il.
La suite est racontée par les caméras de vidéosurveillance. Elle arrive à la gare à 14h01 et fait quelques emplettes dans une supérette en début de soirée. Le lendemain, jour de sa disparition, à 8h41, elle apparaît en arrière-plan d’une photo prise par des touristes japonais au petit-déjeuner. Qu’est-il arrivé après ? Le gérant de l’hôtel affirme l’avoir vue partir à 10h. Mais selon des experts mandatés par la famille, son téléphone bornait toujours à l’hôtel de 10h30 à 11h07, connecté sur un service bancaire, puis de 11h25 à 11h40 sur une application de carte en ligne. Et ensuite plus rien.
La piste d’une maison abandonnée
La famille Véron met en doute la version de l’hôtelier et continue de chercher des preuves à proximité de l’hôtel. Depuis trois ans, elle est épaulée par Satoshi, aide-soignant à Tokyo ayant découvert l’histoire à la télévision. Ensemble, à l’aide d’un détecteur de métaux, ils recherchent le téléphone portable de Tiphaine Véron. « Selon l’analyse de l’opérateur téléphonique, le téléphone n’a pas été cassé. Il est probablement tombé dans l’eau. Donc nous concentrons nos recherches sur les points d’eau proches de l’hôtel
« , explique le bénévole.
Ce sont des kilomètres carrés de terrain escarpé qu’il faut fouiller. « On est dans la zone où si l’hôtelier veut cacher Tiphaine, c’est ici, parce que là, personne ne peut voir
« , affirme Damien Véron au bord de la rivière, derrière l’hôtel où sa sœur a passé sa dernière nuit. Je pense que Tiphaine a pu être enterrée ici, ou cachée ici. Et c’est pour ça qu’on demande que l’hôtelier soit mis en garde à vue
. »
Le gérant a été auditionné mais laissé libre. La police a fait des recherches mais a conclu à l’accident, trop rapidement aux yeux de la famille. Satoshi, lui, vient de récupérer les conclusions de l’enquête japonaise. « Dans le rapport de la police, il est écrit qu’un chien pisteur a marqué sur la façade sud d’une maison abandonnée, près de l’hôtel
« , détaille-t-il.
Confrontation avec l’hôtelier
Lors de ces précédents voyages, Damien Véron n’avait jamais entendu parler de cette maison, et la découvre pour la première fois cette année. « Elle aurait pu avoir été déposée ici. Forcément, la séquestration reste toujours parmi nos angoisses, même si le pourcentage est très faible. C’est quelque chose qui nous hantera toute notre vie, de toute façon
« , soupire le frère.
La police n’a pas fouillé cette maison, alors là encore, la famille tente de mener sa propre enquête. Le gérant de l’hôtel, lui, refuse les demandes d’interview et n’a pas d’avocat. En caméra discrète dans notre reportage, Damien Véron et son interprète le confrontent à ces nouvelles révélations. « À 10 heures, on nettoie toutes les chambres et il n’y avait personne. Je suis sûr de moi. J’ai déjà tout expliqué à la police. Je préfère que vous vous adressiez directement à eux
« , balaye l’hôtelier.
« Ce qui est bizarre, c’est qu’il semblerait qu’elle soit vers 11h40 dans sa chambre
« , rétorque Damien Véron, mais la réponse du gérant ne varie pas. « Je ne peux rien dire de plus. Je suis sûr que je l’ai vue partir
« , confirme-t-il, assis à une table de son hôtel. « Qu’est-ce qu’il pense qui est arrivé à Tiphaine ?
« , demande le frère à la traductrice. « Je préfère ne pas faire de suppositions. Je ne crois pas qu’elle soit partie randonner. Elle faisait du tourisme. La rivière était en crue, c’est ma principale crainte
« , répond l’hôtelier.
Des traces de sang sur un mur
Le gérant accepte d’ouvrir la chambre de Tiphaine à son frère. Les experts mandatés par la famille avaient retrouvé sur un de ses murs d’importantes traces de sang, mais, dans le rapport japonais, celles-ci n’ont pas été analysées.
Avant de partir, Damien Véron questionne le gérant sur ses enfants. « Oui, j’ai un fils, mais il ne travaille pas ici
« , assure l’hôtelier. Le fils a trois ans de moins que Tiphaine Véron. Pourquoi n’a-t-il jamais été interrogé ? La famille Véron a posé toutes ses questions lors d’une réunion avec les autorités, et demande à la police nationale de se saisir de l’enquête qui a jusque-là été menée par des enquêteurs locaux.
La vérité va-t-elle enfin émerger ? « Avec le temps, moi je me suis habitué à son absence. Je me dis qu’elle n’est probablement plus là. Le problème, c’est que là on arrive à un moment où, avec tout ce qu’on a fait, on ne peut pas aller plus loin. On sera obligé d’abandonner au bout d’un moment
« , se désole Damien Véron.
Après huit ans sans réponse et sans sépulture pour faire son deuil, la famille Véron a inauguré fin juillet une sculpture de Tiphaine au Japon, pour lui rendre hommage et ne jamais l’oublier.

