• Désigné la veille comme candidat à l’élection présidentielle par les adhérents de LR, Bruno Retailleau était ce lundi soir l’invité de LCI.
  • Darius Rochebin l’a notamment interrogé sur ses chances de s’imposer comme le candidat de toute la droite.
  • L’ex-ministre de l’Intérieur a donné les premières grandes lignes de son futur programme.

Tout juste désigné candidat à l’élection présidentielle de 2027 par les adhérents Les Républicains (LR), Bruno Retailleau était ce lundi 20 avril l’invité de Darius Rochebin sur LCI. L’ex-ministre de l’Intérieur s’estime légitime à incarner la candidature de la droite, même s’il est actuellement distancé dans les sondages par Édouard Philippe. Il a égrené l’esprit général de son projet, dont voici les grandes lignes.

Sa candidature à l’élection présidentielle

Légitimité. « J’avais déclaré ma candidature lors d’une de vos émissions« , a rappelé Bruno Retailleau à Darius Rochebin, « à l’époque (…), on doutait du fait que je présente ma candidature juste avant les municipales, et on a gagné les municipales, très largement ». Le président des Républicains a écarté les réserves des barons de son parti, en s’appuyant sur le plébiscite des adhérents. « Dans ma famille politique, (…), il y a une manie de ceux qui, pour exister, critiquent. Simplement, je trace ma route. Je suis légitime. En moins d’un an, les adhérents LR m’ont élu pour la deuxième fois à 74% des voix. » Concurrencé par d’autres candidats à droite de l’échiquier, Bruno Retailleau estime qu’il « porte un projet singulier ».

Campagne électorale. « Je ferai un meeting. Je l’annonce ce soir, ici, ce sera le 20 juin prochain à Paris. (…) Tous les 15 jours, je déploierai des idées nouvelles, des propositions pour changer la France », a promis le candidat LR sur LCI.

Interrogé quant à une possible alliance avec un autre candidat comme Édouard Philippe, à l’approche de l’élection, Bruno Retailleau est resté dans son couloir. « Je ne peux pas vouloir renverser la table et recommencer quelque chose avec des gens qui ont gouverné avec Emmanuel Macron », a t-il indiqué.

Considéré comme « conservateur », Bruno Retailleau veut nuancer cette étiquette. « Je veux par exemple défendre notre culture, notre mode de vie, notre civilisation, la transmission à l’école qu’il faut refaire. Si être conservateur, c’est aimer la France, je le suis. (…) En revanche, je suis réformateur aussi, parce qu’on peut pas tout conserver en matière d’économie », a-t-il précisé. 

Le Rassemblement national. Bruno Retailleau et le RN partagent-ils des idées similaires ? Interrogé à ce sujet, le candidat LR s’est distingué de ce parti qui fait nettement la course en tête dans les sondages au premier tour. « Moi, je n’ai jamais soutenu Monsieur Orban, autant que Madame Le Pen a pu le faire », a remarqué l’ex-ministre de l’Intérieur. « Je ne me suis pas rendu à la Trump Tower pour célébrer l’avènement de Donald Trump. (… ) Je ne cherche pas mes modèles à l’étranger. J’ai trouvé en France la grandeur avec le général de Gaulle, la combativité avec Clemenceau, le sens de l’effort, du travail avec Pompidou », a-t-il énuméré.

Son programme

Mérite et assistanat. « [Mon] projet va permettre de donner un 13ème ou un 14ème mois par le travail, pas par l’assistanat. Je veux donner plus à ceux qui méritent et donner moins à ceux qui profitent », a lancé le président des Républicains. 

« Je propose que le travail paye plus. Qu’il y ait moins de différence entre le salaire brut et le salaire net », a-t-il détaillé, « pour pouvoir faire en sorte que les Français puissent s’enrichir. En tout cas, ne pas s’appauvrir (…). Le travail coûte trop cher pour les entreprises et le travail rapporte trop peu pour les salariés. C’est ce que je veux justement rectifier »

Retraites. « La gauche a trompé les Français », a attaqué Bruno Retailleau à propos de la politique sociale. « Elle leur a dit pendant longtemps, travaillez moins et vous vivrez mieux. Total, les Français vivent moins bien que les Européens. Aujourd’hui, notre niveau de vie est inférieur au niveau de vie moyen des Européens », a-t-il assuré.

« Les retraites, c’est 25% des dépenses publiques. C’est à peu près 50% du déficit public. Moi, j’ai pris mes responsabilités. Ce n’est pas parce que j’étais dans l’opposition et que je savais par ailleurs que ça n’était pas populaire, que j’ai voulu voter contre« , a-t-il rappelé. « Mais je ne promets pas du sang et des larmes. Le sang et les larmes, c’est aujourd’hui. »

Prestations sociales. « Moi, ce que je ferai, c’est un compte social unique », a proposé le candidat. « J’y mets la totalité des prestations sociales et je les plafonne à 70% du SMIC pour qu’en permanence, on sache qu’il y a un écart entre d’un côté le revenu du travail et de l’autre le revenu de la solidarité. » 

Immigration. « Les députés macronistes [au Parlement européen] avaient refusé de voter le financement des barrières physiques, aux frontières extérieures de l’Europe », a fustigé Bruno Retailleau. « Je pense qu’il y a un énorme problème aujourd’hui avec les Espagnols. Ils régularisent 500.000 irréguliers, qui vont pouvoir ensuite franchir les frontières ». « Je rétablirais les frontières, il y a des dizaines de points de passage à la frontière sud, entre l’Espagne et la France. Quand il y a crise, on est autorisés à le faire », a-t-il indiqué.

« Ce que je souhaitais faire », comme ministre de l’Intérieur, « c’était par exemple un centre de retour en Afrique pour accueillir notamment les clandestins qui vont à Mayotte ». Pour ne pas être retoqué par le Conseil constitutionnel, Bruno Retailleau propose « de changer la Constitution, (…) je veux renverser la table ». Il souhaite faire « reculer l’immigration illégale, mais aussi l’immigration légale, parce qu’il y a un lien entre les deux », et a déploré la distribution de visas par la France. « Je prendrai des mesures pour que les pompes aspirantes, on les arrête. L’aide médicale d’État, je la transformerai en aide médicale d’urgence. »

La rédaction de TF1info

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