- Le Syctom, qui gère les déchets de 82 communes d’Île-de-France, annonce lundi 20 avril que près d’un million de bonbonnes de protoxyde d’azote se sont retrouvées dans les incinérateurs de déchets en 2025.
- Elles ont engendré plus de 25.000 explosions.
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Le fléau du protoxyde d’azote en France
Malgré son arrivée dans le débat politique et un début de prise de conscience collective, le protoxyde d’azote continue d’être largement consommé en France. Symbole de cette tendance inquiétante, « on estime qu’un million de bonbonnes de protoxyde d’azote sont entrées dans les trois incinérateurs du syndicat en 2025 »
, annonce ce lundi 20 avril le Syctom, qui gère les déchets de près de 6 millions de personnes en Île-de-France (la région en compte plus du double).
Lesdits déchets, qui contiennent souvent encore des résidus de gaz, ont provoqué « plus de 25.000 explosions, soit environ une explosion toutes les deux heures »
. Selon le Syctom, ces incidents, conséquences d’un mauvais tri des déchets, font « peser un risque direct sur la sécurité des agents travaillant sur les sites » et provoquent « des casses d’équipements, des fuites dans les chaudières ou encore des arrêts d’urgence des lignes d’incinération ».
Plusieurs millions d’euros « entièrement supportés par les contribuables »
Ainsi, l’agence métropolitaine des déchets ménagers communique « pour alerter et appeler à une réponse collective ».
Une « réponse réglementaire forte, combinant prévention renforcée, protection des populations et interdiction de la mise sur le marché du protoxyde d’azote, en dehors de ses usages alimentaire et médical »
est nécessaire, juge-t-elle, « afin d’éviter que ces bonbonnes ne se retrouvent dans les déchets ménagers »
. À noter que, sur le plan matériel, le « coût global »
des explosions est « estimé à près de 15 millions d’euros, un montant entièrement supporté par le service public et, in fine, par les contribuables ».
Pour rappel, les signalements d’intoxications liées au protoxyde d’azote ont été multipliés par trois entre 2022 et 2023, tandis que les cas graves ont été multipliés par quatre sur la même période, indiquent les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur. L’inhalation de ce « gaz hilarant » peut provoquer des atteintes du système nerveux, une altération des facultés cognitives et des troubles de l’équilibre et des réflexes, créant un risque accru en cas de conduite sous emprise.

