• Un enfant introverti a tendance à rester dans son monde et a du mal à être à l’aise lorsqu’il est trop entouré.
  • Ce tempérament peut lui donner un sentiment de honte, surtout s’il vit dans une famille d’extravertis.
  • Il est important, pour les parents, de respecter ce tempérament et de ne pas le cataloguer ou essayer de le changer.

Pas simple d’être introverti quand on est entouré de frères et sœurs qui aiment faire le show et prennent de la place. Ces derniers sont ce qu’on appelle des extravertis, c’est-à-dire des personnes qui, selon le psychiatre Carl Gustav Jung, ont « un intérêt pour les événements, les personnes et les objets, une relation avec eux [voire] une dépendance à ceux-ci« . À contrario, un introverti préfère son monde intérieur et tire son énergie de ses idées. Souvent, on décrit ces personnes comme timides, anxieuses en société. En réalité, « ce n’est pas toujours le cas« , explique la psychothérapeute Barbara Greenberg, dans un article publié sur la plateforme Psychology Today. « Ils apprécient simplement leur solitude ». Pourtant, « dans de nombreuses familles extraverties et socialement enclines, l’enfant le plus introverti est étiqueté très tôt, et les étiquettes et la pression pour être plus extraverti sont difficiles à appliquer et laissent entendre que l’enfant n’est pas assez bon, ne fait pas assez d’efforts ou ne répond pas aux attentes de la famille« .

Respecter le tempérament d’un enfant introverti

La société moderne et la culture favorisent les extravertis, vus comme des personnes sociables et fêtardes. Ils posséderaient plus d’avantages, comme une prise de parole en public plus aisée, une capacité à faire des rencontres plus facilement. Ils sont considérés comme de meilleurs leaders. Résultat : les introvertis grandissent « souvent avec un sentiment d’inadéquation et traversent souvent leur vie d’adulte avec ce même sentiment. C’est particulièrement vrai s’ils grandissent dans des familles plus sociables« , souligne Barbara Greenberg. Dans l’enfance, ces enfants préféraient lire des livres dans un coin plutôt que de participer aux fêtes de famille. Ce sont des enfants qui n’étaient pas à l’aise dans les grandes fêtes d’anniversaire. À l’âge adulte, ils peuvent ressentir de « la honte face à leur tempérament d’enfant« . D’où l’importance pour les parents, surtout extravertis, de respecter l’introversion de l’enfant. On ne force pas un enfant qui ne veut pas participer à une fête, on ne lui dit pas « sois plus comme ton frère », « tu devrais t’amuser »… 

« Si vous êtes parent, évitez de cataloguer votre enfant introverti. Les enfants étiquetés comme timides grandissent souvent avec un sentiment d’incompétence« , explique la thérapeute. Elle ajoute : « Bien que je sois certaine que votre intention ne soit pas de blesser votre enfant, il est plus important d’être attentif aux différences de chaque enfant que de le transformer en quelqu’un qu’il ne se sent pas à l’aise d’être ou de prétendre être« . Les enfants ont toujours envie de plaire à leurs parents et « perçoivent les caractéristiques exigeantes« . Aussi, s’ils pensent que leur introversion est honteuse pour leurs parents, ils pourraient grandir avec l’impression d’être une déception, ce qui peut provoquer de l’anxiété. Pour les enfants qui ont grandi avec ce sentiment, la psychothérapeute conseille d’entamer une thérapie cognitive et comportementale pour « réduire les cognitions négatives associées aux différences de style social« .

Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

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