• Après cinq années consécutives de hausse, le prix moyen des véhicules particuliers neufs a baissé l’an dernier, selon un baromètre dévoilé en exclusivité par TF1.
  • Plusieurs facteurs expliquent cette baisse, dont le recul des ventes des modèles hybrides rechargeables et un changement de politique tarifaire des constructeurs.
  • Par ailleurs, sur certains segments, le prix moyen avec aides est désormais comparable pour les modèles électriques et thermiques.

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Notre planète

Chute des ventes (de 2,2 millions de véhicules neufs immatriculés en 2019 à 1,6 million en 2025), hausse des prix en partie liée à la montée en gamme choisie par la plupart des constructeurs (faisant que la part des 40% des ménages les plus modestes dans les achats de voitures neuves est passée de 24% à 15% entre 2019 et 2025)… Depuis cinq ans, les bonnes nouvelles sont rares sur le marché de l’automobile. Mais selon le baromètre réalisé par l’Institut mobilités en transition (IMT), un institut de recherche adossé à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), l’année 2025 marque une légère amélioration. 

Ainsi, selon cette étude réalisée en partenariat avec le cabinet C-Ways et dévoilée par TF1 en exclusivité, le prix de vente moyen des véhicules particuliers neufs baisse en effet pour la première fois depuis 2019. Si, sur la période 2019-2025, il augmente de 29% (passant de 26.900 euros à 34.600 euros, soit + 7.700 euros), il a baissé de 2% l’an dernier, passant de 35.200 euros à 34.600 euros. Une première depuis cinq ans.

Les ventes de modèles hybrides rechargeables chers ont baissé

Selon l’IMT, cette baisse est expliquée par trois facteurs : le recul des ventes d’hybrides rechargeables (PHEV) « particulièrement onéreux », une légère contraction de la taille des véhicules et un changement de stratégie tarifaire de certains constructeurs (légère redescente en gamme et premières baisses de prix à segment constant). Et ce, même si le prix moyen d’un véhicule neuf reste 29% plus élevé qu’en 2019 (soit au-dessus de l’inflation globale à +19% et au-dessus de la progression du niveau de vie moyen +23%). 

Concrètement, le recul des ventes d’hybrides rechargeables s’explique notamment par la fiscalité : ces modèles ont été soumis en 2025 au malus masse (établi en fonction du poids du véhicule). Les entreprises, elles, ont vu appliquer la réforme des avantages en nature, les incitant à abandonner elles aussi les PHEV pour les modèles électriques (passés de 12% à 19% entre 2024 et 2025), avec des pénalités en cas de non-respect des objectifs de verdissement des flottes professionnelles, et la mise en place de la taxe incitative. 

Ces mesures ont aussi conduit à la baisse de la masse moyenne des PHEV, pour éviter le malus : celle-ci a diminué de 110 kg en un an. Et ces voitures moins lourdes sont donc moins chères. « De manière contre-intuitive, l’augmentation globale mais ciblée de la fiscalité en 2025 a contribué à la baisse du prix moyen de vente des véhicules particuliers neufs », résume ainsi le laboratoire d’idées.

L’écart entre thermique et électrique se réduit…

Ce baromètre s’attarde aussi sur la comparaison de l’évolution des prix entre les modèles thermiques et électriques. L’année 2025 a été marquée par une évolution des aides : fin de la prime à la conversion en juillet, lancement d’une seconde édition du leasing social en septembre (dont les effets sur les immatriculations seront plutôt mesurés en 2026, au moment des livraisons) et introduction d’une surprime coup de pouce en octobre.

En 2025, la part des véhicules électriques atteint 20% des ventes. Selon le baromètre, « leur prix moyen continue de converger vers celui des thermiques équivalents » : l’écart n’est plus que de 5.200 euros sur le segment B (« voitures polyvalentes ») contre 10.000 euros d’écart en 2024 ; et de 2 900 euros sur le segment C (les voitures de 4,1 à 4,5 mètres, comme les Golf, 308, Astra, Mégane, etc.), soit stable par rapport à 2024. 

« L’écart reste plus marqué sur le segment A (les mini-citadines) : les modèles électriques sont 7.600 euros plus onéreux en moyenne que les thermiques du fait d’une offre ancienne, peu renouvelée avant 2026 », note l’institut. « Quand on regarde la moyenne des ventes et les prix de vente en 2025, on est maintenant à un écart de prix équivalent ou inférieur au niveau des aides », analyse Jean-Philippe Hermine à l’IMT.

…et s’annule si on ajoute les aides

Et si on applique les bonus ? Pour rappel, ces aides dépendent du niveau de revenu : 5.700 euros pour les déciles inférieurs à 2, 4.700 euros pour les déciles 2 à 5, 3.700 euros pour les déciles supérieurs à 5 et une surprime de 1.200 à 2.000 euros si la batterie est assemblée dans l’Union européenne). 

À titre d’exemple, pour le segment C, le prix moyen était de 42.400 euros pour un modèle électrique et 39.500 pour un modèle thermique. Les aides étant au minimum de 3.700 euros pour les véhicules électriques produits dans l’Union européenne, le modèle électrique est même désormais moins cher que le modèle thermique. À cette différence de coût, il faut aussi ajouter le fait que le véhicule électrique est moins cher à l’usage que le véhicule thermique. 

« Autrement dit, il n’existe plus ou peu de surcoût sur ce segment en prenant en compte les aides à l’achat », commente l’IMT. « Cette baisse continue reflète à la fois la chute du coût des batteries et les gains de productivité réalisés par les constructeurs à mesure que les volumes de production augmentent. »

L’électrique davantage « made in France » que le thermique

Pour le « made in France », là aussi, l’électrique sort du lot. De façon générale, l’an dernier, 77% des véhicules vendus en France étaient fabriqués dans l’Union européenne, un seuil maintenu grâce « à la soumission de l’obtention de la plupart des aides à l’éco-score qui limite la part des véhicules fabriqués en Chine à 5% des ventes », explique Jean-Philippe Hermine.

Mais les modèles électriques sont davantage fabriqués en France que les modèles thermiques : 27% des véhicules thermiques vendus en 2025 ont été produits en France contre 11% pour les thermiques. Depuis 2019, la part des véhicules thermiques fabriqués en France a reculé de 6 points, « tandis que celle des électriques a progressé depuis 2021 (date à laquelle la vente de véhicules électriques a dépassé 10% des ventes) de 17 à 27%, soit une hausse de 10 points », souligne l’IMT. « La part de véhicules électriques vendus en France et fabriqués en France est donc deux fois supérieure à la moyenne des autres véhicules », conclut Jean-Philippe Hermine.

« Cette évolution nourrit l’espoir d’un redressement des ventes de véhicules neufs après plusieurs années de recul depuis la crise sanitaire, et constitue un enjeu majeur pour le pouvoir d’achat, car elle influence directement le renouvellement de l’offre sur le marché de l’occasion, son niveau d’accessibilité pour les ménages et, par conséquent, la capacité à enrayer le vieillissement du parc automobile », conclut l’Institut mobilités en transition.

Avec un bémol : les flottes d’entreprises et d’administrations, qui dynamisent le marché, notamment en raison de la rotation des véhicules qui sont revendus ensuite sur le marché de l’occasion, présentent « un signal préoccupant pour le marché du neuf à moyen terme » : leur recours à l’achat de véhicules d’occasion a augmenté entre 2019 et 2025, de 27 à 36%.

Marianne ENAULT

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