- Un drone a explosé, mardi 18 août, à un arrêt de bus emprunté par les agents de la centrale nucléaire de Zaporijia.
- L’attaque a fait seize victimes, dont un mort et trois blessés graves, sans endommager les installations.
- Nommé par l’occupant russe, le directeur du site y voit l’épisode le plus grave depuis le début de la guerre, tandis que l’AIEA n’attribue la frappe à aucun camp.
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Zaporijia : la centrale nucléaire ukrainienne cristallise les tensions
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Un drone a explosé, mardi 18 août vers 6 heures du matin, à un arrêt de bus emprunté par les agents se rendant à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia (nouvelle fenêtre). Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui rapporte sur son compte X (nouvelle fenêtre) les informations transmises par la direction russe du site, l’explosion a fait 16 victimes parmi le personnel et les sous-traitants, dont un mort et trois blessés graves.
Le directeur de la centrale, nommé par l’administration russe qui occupe le site depuis mars 2022 (nouvelle fenêtre), décrit cet épisode comme le plus grave qu’ait connu l’installation. D’autres attaques ont été signalées à l’AIEA dans la zone industrielle de la centrale, mais aucun dommage affectant la sûreté ou la sécurité nucléaires n’a été constaté.
Rafael Grossi, le directeur général de l’AIEA, a appelé les responsables militaires à cesser immédiatement ce type d’actions, qu’il juge contraires aux sept piliers et aux cinq principes définis par l’agence onusienne pour protéger les installations nucléaires en temps de guerre. Comme à chaque incident, l’agence n’attribue la frappe à aucun camp. Elle s’en tient à une ligne constante depuis 2022, constatant les impacts sans désigner d’auteur, faute de moyens d’attribution formelle.
La situation toujours sous (très) haute tension
L’attaque survient à quelques jours d’une visite de Grossi, prévue les 20 et 21 août en marge de la rotation des experts de l’AIEA présents sur le site. Moscou affirme (nouvelle fenêtre) que Kiev a fait annuler ce déplacement, refusant d’apporter des garanties de sécurité. Ces relèves, qui exigent un passage à travers la ligne de front, ont déjà été reportées à plusieurs reprises, chaque camp accusant l’autre de les rendre impossibles.
L’attaque de drone enregistrée en ce début de semaine intervient dans le contexte d’une dégradation continue de la situation sur le site. Les six réacteurs de la centrale sont à l’arrêt, mais le refroidissement du combustible exige une alimentation électrique extérieure permanente. Or, l’installation a subi le 8 août sa 25ᵉ perte totale d’alimentation externe depuis le début du conflit, la 13ᵉ depuis avril. Une seule ligne reste disponible, contre dix avant la guerre. La ligne principale, réparée lors du sixième cessez-le-feu local négocié par l’AIEA en juin 2026, n’a pu être remise sous tension en raison des dégâts subis par une sous-station distante de plus de 100 kilomètres.
Le personnel de Zaporijia fait quant à lui face à des attaques qui se succèdent depuis plusieurs mois. Mi-juillet, l’opérateur nucléaire d’État russe Rosatom annonçait la mort de l’ingénieur en chef de la centrale, tué par un drone. Son patron Alexeï Likhatchev faisait alors état de 13 morts et 48 blessés en deux mois et demi dans le secteur. Fin mai, un drone avait par ailleurs percuté un bâtiment turbine à l’intérieur du périmètre, une première depuis avril 2024.

