• Le gouvernement prend au sérieux la menace de l’hantavirus : il a mis en place un protocole sanitaire pour les malades et les cas contacts présents sur le territoire et multiplie les réunions sur le sujet.
  • L’opposition tente de se faire une place dans cette actualité, mais sans critiquer la gestion de la crise par l’exécutif.
  • Toutefois, elle demande plus de « transparence ».

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Hantavirus sur un navire de croisière : faut-il craindre une nouvelle crise sanitaire ?

Voilà plusieurs jours que le gouvernement multiplie les initiatives et les communications à propos de l’hantavirus. L’exécutif souhaite montrer aux Français qu’il prend la menace au sérieux et qu’il a tiré les enseignements de l’épidémie de Covid-19, alors que selon un sondage Ifop-Fiducial pour LCI publié mardi, 50% des Français affirment être inquiets après la découverte d’un cluster d’hantavirus sur un bateau de croisière. Le Premier ministre, qui a relevé le protocole sanitaire pour les cas contacts en les obligeant à se mettre en quarantaine en milieu hospitalier, organise notamment deux réunions interministérielles par jour à Matignon depuis lundi, et la ministre de la Santé Stéphanie Rist a tenu mardi une conférence de presse entourée de scientifiques. Des actions qui satisfont globalement l’opposition, qui réclame tout de même plus de « transparence » à l’exécutif.

« Il y a un vrai souci, le gouvernement y répond. Bon très bien », a concédé ce mercredi 13 mai sur RTL Marine Le Pen, observant notamment que l’exécutif avait « eu raison de renoncer au choix de l’auto-confinement » pour les 22 cas contacts identifiés, finalement hospitalisés. « Moi, ce que j’ai trouvé un peu inquiétant, c’est qu’en réalité on a l’impression qu’on ne prévoit jamais rien, quoi, on est toujours en train de subir », a-t-elle cependant nuancé. 

La veille, selon les informations de TF1-LCI obtenues de sources parlementaires, la cheffe des députés Rassemblement national avait confié en réunion de groupe que le gouvernement prenait pour le moment les bonnes décisions, et avait demandé à ses députés de ne pas faire de polémique inutile. 

Quand on a vu les macronistes à l’œuvre, on ne peut pas toujours être rassuré

Sébastien Chenu

Ce mercredi sur TF1, le député RN Sébastien Chenu a dit ne pas faire « de procès d’intention à la ministre de la Santé. On sera exigeants, on l’est ». « On va suivre ça de près, pas besoin d’affoler les populations. On a un devoir d’exigence, et le gouvernement un devoir de transparence », vis-à-vis des parlementaires, a-t-il ajouté, assurant toutefois ne pas être rassuré par les macronistes au pouvoir pour gérer la crise. « Quand on a vu les macronistes à l’œuvre, on ne peut pas toujours être rassuré », a estimé le député du Nord.  

Qu’en dit le Parti socialiste ? Le parti dirigé par Olivier Faure a publié mardi 12 mai un communiqué (nouvelle fenêtre) dans lequel il « salue » la décision du gouvernement de publier un décret établissant « les mesures d’urgence » pour les « personnes ayant séjourné à bord du navire MV Hondius » (nouvelle fenêtre). Il lui « permet d’agir avec souplesse face à cette situation et les récentes déclarations du Premier ministre confirment la mise en quarantaine renforcée, en milieu hospitalier, des cas contacts », estime le PS. « Nous appelons par ailleurs à l’extrême vigilance et à la préparation des autorités sanitaires afin de prévenir dans les meilleures conditions possibles le développement épidémique de l’hantavirus », ajoute le parti.

Les députés LFI réclament « un vrai débat dans cet hémicycle »

Plusieurs questions ont par ailleurs été posées au gouvernement au sujet de l’hantavirus, mardi, lors des Questions au gouvernement qui se sont tenues à l’Assemblée nationale. Aurélien Rousseau, ancien ministre de la Santé aujourd’hui député Place publique, a pris la parole en apportant « au nom de (son) groupe », son « soutien aux actions engagées par le gouvernement ». « Ce soutien il a un corrolaire », a-t-il ajouté, « une attente », pour répondre aux « interrogations légitimes » des Français « qui veulent connaitre la vérité, savoir en toute transparence ce que nous savons et ce que nous ne savons pas ». « Cette attente elle porte aussi pour le Parlement », a complété l’ancien directeur de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France. « Nous avons besoin de modalités de délibérations démocratiques en temps de crise, sinon chaque fois que vous adapterez votre posture ce sera critiqué comme un errement. »

Du côté de La France insoumise, la députée Elise Leboucher a également demandé un « vrai débat dans cet hémicycle », notamment sur « l’état de notre système de soin » et « votre méthode ». « Nous avons suivi les évolutions chaotiques des procédures de quarantaine, ce qui laisse installer un sentiment d’impréparation », a-t-elle estimé. « Rassurer la population nécessite une exigence de transparence à toutes les étapes, ce qui impose la bonne information des parlementaires. Monsieur le Premier ministre, vous avez l’obligation d’associer, de communiquer et d’informer. Ce sont les seuls gestes barrières contre une épidémie de panique et la prolifération des fausses informations. Vous n’en prenez pas le chemin. Ce matin encore s’est tenu une réunion interministérielle dont nous ne savons rien. » Aussi, « nous avons tous le souvenir des conseils de défense sanitaire directement rattachés à l’Elysée pour contourner le Parlement. Prendre cette direction aujourd’hui ne serait pas acceptable. »

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui présidait la séance de Questions au gouvernement mardi, a par ailleurs annoncé qu’elle avait écrit à Sébastien Lecornu pour demander à ce que les parlementaires soient informés de l’évolution de la situation sur l’hantavirus.

J.F.

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