- Un premier cas positif à l’hantavirus a été confirmé en France.
- 26 Français, qui ont pu être en contact avec des personnes infectées, ont été placés en quarantaine en milieu hospitalier.
- Sur LCI, l’infectiologue Anne-Claude Crémieux fait le point sur la situation.
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Hantavirus sur un navire de croisière : faut-il craindre une nouvelle crise sanitaire ?
Une Française présente à bord du MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus. Elle est hospitalisée « en réanimation dans un état stable »
, a indiqué Sébastien Lecornu sur X, ce lundi soir. Quatre autres passagers ont été placés en quarantaine à l’hôpital Bichat, situé à Paris. En outre, le Premier ministre a annoncé avoir durci les règles d’isolement des 22 autres cas contacts français identifiés. Ceux-ci vont désormais être placés en « quarantaine renforcée en milieu hospitalier ».
Des mesures préventives qui doivent empêcher le développement d’une pandémie.
Sur LCI, Anne-Claude Crémieux, infectiologue et présidente de la commission technique des vaccinations à la Haute Autorité de la santé, revient sur la situation. Symptômes, traitement, mortalité, vaccin et quarantaine… elle répond à nos questions.
Quels sont les symptômes de l’hantavirus ? Qu’est-ce qui doit nous alerter ?
« Au début, les symptômes ne sont pas du tout spécifiques. C’est-à-dire que c’est de la fièvre, ça va être un syndrome pseudo-grippal, des troubles digestifs. Cette phase-là peut durer quelques jours, mais très rapidement, une partie des patients s’aggrave. En général, 3 à 5 jours après le début des symptômes, on peut avoir une aggravation extrêmement brutale qui nécessite une entrée en réanimation immédiate. »
Que faire en cas de suspicion de contamination ?
« C’est extrêmement important que les personnes qui présentent des symptômes soient testées très vite et mises très vite à l’hôpital de façon à ce qu’elles aient toutes les chances, si le test est positif, de pouvoir survivre. La réponse, c’est avant tout une hospitalisation avec une surveillance extrêmement étroite et toutes les mesures d’isolement. »
Le virus des Andes a un taux de létalité de 38%. Mais sommes-nous menacés de la même façon, quel que soit notre âge ?
« Cette mortalité a été établie depuis qu’on connaît ce virus, c’est-à-dire maintenant depuis 30 ans. Il est évident que la majorité des gens qui ont été infectés par ce virus des Andes ont été infectés directement au contact de l’environnement souillé par les rongeurs et qu’ils n’ont pas pu accéder à une réanimation moderne avec des techniques modernes d’oxygénation. Ce qu’on espère, c’est que dans les conditions optimales de prise en charge, on arrivera à réduire cette mortalité. Mais encore une fois, si on regarde en arrière sur ce qui a été décrit, on ne peut pas dire aujourd’hui que le fait d’avoir 40 ans vous met à l’abri d’un décès, puisqu’il y a dans ces clusters plusieurs personnes qui avaient 40 ans et qui ont quand même décédé. »
Existe-t-il un vaccin contre le virus des Andes ?
« On est vraiment au tout début de ce qu’on appelle la phase 1. On se demande : est-ce que ça entraîne une réponse immunitaire ? Donc on est très en amont malheureusement d’une autorisation de mise sur le marché et d’une possibilité d’utiliser un vaccin contre ce virus. »
Si on avait su qu’il s’agissait de ce virus des Andes, est-ce qu’on aurait fait tout autrement ? Est-ce qu’il aurait fallu garder les croisiéristes sur le bateau, le temps de laisser passer les délais d’incubation ?
« Laisser les gens sur le bateau, c’était d’abord les exposer à plus de contamination entre eux, puisqu’il s’agit quand même d’un endroit très étroit, confiné, où on a des difficultés à isoler les personnes. On sait très bien que les conditions d’isolement et de quarantaine ne sont pas les mêmes dans un bateau ou ailleurs. Et surtout la deuxième chose, c’était qu’il y avait une perte de chance s’ils tombaient malades, et ça c’est difficilement admissible. Donc les mettre dans un endroit où il y a un accès immédiat à un hôpital avec une réanimation et leur donner un maximum de chances s’ils tombent malades, c’était évidemment ce qu’il fallait faire. »

