- En renfort des pompiers aux prises avec l’incendie en Gironde, les avions, dont l’A400M utilisé pour la première fois samedi, larguent un liquide de couleur rouge aux abords du feu.
- En quoi consiste ce produit retardant, arme stratégique pour endiguer la progression des flammes ?
- On fait le point.
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Une nuée rouge, très attendue des pompiers, mobilisés sur le front des incendies, dont le gigantesque brasier qui sévit en Gironde. Ce samedi, l’avion militaire A400M a effectué un premier vol en condition réelle pour larguer un agent retardant aux abords du feu.
Ce produit coloré, régulièrement employé par les avions en renfort des soldats du feu au sol, est une arme stratégique pour essayer d’endiguer la progression des flammes. « Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le produit retardant n’est pas un agent d’extinction. Il est là pour permettre de ralentir le feu, de diminuer le feu en intensité pour permettre une action d’extinction à l’issue »
, explique sur TF1 le commandant William Vogl, de la brigade des sapeurs-pompiers du Var.
Eau et ammonium polyphosphate
Comment fonctionne le retardant ? Une fois largué sur les zones en proie aux flammes, ce liquide rouge développé aux États-Unis enveloppe la végétation, les bâtiments et fait immédiatement baisser leur température. De quoi est-il composé ? En grande partie d’eau, entre 80% et 90%. Autre ingrédient essentiel, l’ammonium polyphosphate. En clair, un engrais fertilisant qui crée une couche protectrice et cantonne le feu à la surface des végétaux.
Qu’en est-il enfin de l’impact de ce produit ? « Pour l’environnement, trop d’azote et trop de phosphore dans l’eau, cela peut entraîner un phénomène qu’on appelle l’eutrophisation. C’est le développement plus important d’algues qui peuvent proliférer et qui peuvent à terme menacer certaines espèces, certains poissons ou certaines espèces aquatiques »
, indique Maude Jimenez, enseignante-chercheuse en chimie à l’université de Lille. Pour autant, « par rapport aux problématiques engendrées par les feux de forêt, c’est-à-dire la pollution, le retardant, en comparaison, est très peu polluant »
.
Afin d’éviter tout dommage sur l’environnement, les nappes phréatiques sont régulièrement contrôlées. Selon les scientifiques, le retardant ne présente pas de risque pour la santé humaine.

