• Face à l’inflation et aux difficultés de pouvoir d’achat, la secrétaire générale de la CFDT appelle à « rouvrir des négociations salariales ».
  • Elle cite plusieurs branches professionnelles dans lesquelles des grilles démarrent encore en dessous du salaire minimum.
  • Le Smic va quant à lui augmenter d’environ 2,4% au mois de juin.

Des salaires à revoir. La secrétaire générale du syndicat CFDT, Marylise Léon, a estimé samedi 16 mai qu’il est « impératif de rouvrir les négociations salariales là où elles viennent de se conclure, et d’anticiper celles qui sont prévues ». Dans un entretien accordé au Parisien, elle évoque notamment des entreprises où les grilles démarrent encore sous le salaire minimum. 

« Cela concerne par exemple l’hospitalisation privée, avec deux coefficients sous le Smic, mais aussi les jardineries, qui en comptent neuf. » D’autant que le Smic va, lui, augmenter d’environ 2,4% au mois de juin, soit une hausse d’environ 44 euros bruts par mois, indiquait il y a quelques jours le ministre du Travail. 

Elle appelle à « responsabiliser les employeurs »

La secrétaire générale de la CFDT appelle donc à « responsabiliser les employeurs », sachant que l’augmentation du Smic répond elle-même « à un mécanisme automatique de revalorisation par rapport à l’inflation », une situation qui sera peut-être « à revoir » si le conflit au Moyen-Orient s’éternise. « Il faut prendre en compte l’inflation et les difficultés de pouvoir d’achat des salariés. Sinon, il existe un vrai risque d’accentuation de la fracture sociale », alerte Marylise Léon. 

Elle se dit également inquiète du report de la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale. « L’Europe, souvent critiquée, nous permet d’avancer sur ce sujet fondamental des inégalités salariales entre hommes et femmes. Le calendrier est connu depuis longtemps et on ne s’est pas beaucoup pressé. » 

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, avait en effet dit mercredi qu’il pensait cette transposition « possible » et ce « dans l’année », alors même qu’il évoquait en janvier la présentation d’une loi avant l’été. Marylise Léon suggère de « retirer le projet de loi sur le 1ᵉʳ-Mai, car franchement, ce n’est pas une urgence, et on met à l’agenda des textes qui intéressent véritablement les travailleurs. »

Quant aux entreprises réticentes face à cette transparence salariale, la secrétaire générale de la CFDT rappelle que « l’idée n’est pas de se promener avec sa feuille de paie autour du cou. La directive est très claire. Elle donne des éléments importants comme l’échantillon de collègues auquel on se compare (…) ou le fait que, lors d’un entretien d’embauche, on ne peut pas demander le salaire précédent. »

Laurene ROCHETEAU avec AFP

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