- C’est à Grenoble que les écologistes ont décidé de réunir leurs troupes cette année pour préparer la rentrée et surtout la campagne présidentielle.
- Mais quelle campagne, quand Yannick Jadot est pressenti pour soutenir Raphaël Glucksmann et que Sandrine Rousseau regarde du côté des insoumis ?
- Marine Tondelier, elle-même lancée dans la course à l’Élysée et qui revendique incarner le trait d’union de la gauche, va devoir éviter l’implosion de son propre parti avant de penser à la suite.
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Élection présidentielle 2027 : la course aux candidatures est déjà lancée
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Le campus universitaire de Grenoble est désert en cette fin août. Enfin presque. Une allée boisée, au milieu des bâtiments gris, s’anime, elle est peuplée d’irréductibles écologistes réunis pour ces Journées d’été du parti dans la ville verte dirigée par Laurence Ruffin. La chaleur est moite, la menace d’un orage imminent, le ciel s’assombrit… les esprits chagrins pourraient y voir une allégorie de l’état de la gauche et des verts en cette rentrée présidentielle. Pas Marine Tondelier. Candidate de feu la primaire de toute la gauche et toujours en lice pour la présidentielle, elle déambule, enceinte de huit mois, multipliant les selfies et les dédicaces.
Un parti divisé à huit mois de l’élection présidentielle
Deux mille militants et sympathisants sont attendus ce week-end dans la capitale des Alpes. Une rentrée qui n’échappera pas à la tradition – ou à la malédiction verte –, les écologistes sont encore et toujours divisés sur la stratégie à adopter. Mais à huit mois du premier tour de la présidentielle, ces éternelles divisions leur seront-elles fatales ?
Yannick Jadot, l’ancien candidat présidentiel, figure de l’aile droite du parti, essaie par tous les moyens de faire entendre sa voix. Celle d’un très probable soutien au très probable candidat Raphaël Glucksmann. Une nouvelle plateforme a même été mise en ligne ce jeudi pour appeler au rassemblement de la « sociale-écologie ». Comprendre de toute la gauche à l’exclusion des insoumis. LFI pas question, c’est écrit noir sur blanc. Celui qui siège aujourd’hui au Sénat s’est déjà affiché à plusieurs reprises au côté du député européen. Il était notamment aux premières loges du grand meeting de Place Publique à Aubervilliers en juin dernier.
On est comme des coquilles de noix sur l’océan
On est comme des coquilles de noix sur l’océan
Sandrine Rousseau
Sandrine Rousseau, elle, tente de tirer le parti sur sa gauche, vers Jean-Luc Mélenchon. À Grenoble, elle dénonce le flottement d’une ligne stratégique qu’elle juge trouble, une position de trait d’union entre le PS et LFI qui n’est plus tenable selon elle : « Ce flou artistique, ça suffit. On est comme des coquilles de noix sur l’océan. On est dans un moment de basculement. On est tellement à côté de la plaque »
. La députée de Paris prévient : « Si on ne tranche pas, ça va exploser »
.
Les Verts sont-ils, encore une fois, au bord de l’implosion ? En coulisses, ils sont nombreux à réclamer un nouveau vote des militants. Certains soulignent que la crédibilité de la patronne des écolos est en jeu. Marine Tondelier s’agace et minimise ces dissensions internes : « La rentrée, c’est la saison des tribunes et des initiatives, chacun fait son truc »
. Le sien, de truc, c’est qu’elle n’a aucune envie de faire campagne pour le leader des Insoumis ou pour le fer de lance de Place Publique. Le chemin qu’elle préfère : une campagne écologiste comme lors de son tour de France en van électrique cet été. Trente étapes, 5 000 kilomètres parcourus. Mais oui, elle le promet : il y aura un vote quand le moment sera opportun, quand le paysage des candidatures à gauche sera fixé après la primaire socialiste d’octobre, et oui, elle l’affirme : les écologistes prendront leurs responsabilités.
Les militants écologistes, rencontrés entre le stand des glaces bios et les pizzas artisanales, eux continuent de formuler ce vœu d’union. Kelig Voisin, co-secrétaire des jeunes écologistes, se dit « frustrée, déçue, en colère contre les responsables politiques »
. « On l’a vu, c’est en s’unissant qu’on pouvait gagner »,
plaide
la militante. Un peu plus loin, c’est Mireille, sympathisante écologiste de 68 ans, qui nous confie à son tour son souhait d’une « union des gauches »
. Mais « sans diaboliser LFI, même s’il y a eu et qu’il y aura des dérapages »
, prédit la Grenobloise. C’est cet appel que Marine Tondelier a tenté de porter quand elle a envoyé un courrier aux autres partis de gauche qui, pour l’heure, n’ont pas pris leur plume pour lui répondre. À Grenoble, le temps est orageux, ce qui brouille peut-être les communications.
La rédaction de TF1info | Mathide GUÉNÉGAN à Grenoble

