- Le « cushioning », une pratique de micro-infidélité, consiste à garder des options amoureuses ouvertes tout en étant en couple.
- Ce comportement peut refléter un attachement « insécure » ou un besoin de validation.
- Une communication honnête est essentielle pour gérer ce type de situation.
Ajoutez TF1info à vos sources sur Google
Pas simple de s’y retrouver parmi toutes les pratiques dites toxiques dans le vaste monde du dating
moderne. Le dictionnaire de l’amour, déjà riche des termes aujourd’hui familiers comme ghosting, gaslighting ou love-bombing, n’en finit pas d’ajouter de nouvelles expressions. Imaginez votre partenaire qui continue à flirter ou adopte un comportement qui laisse entendre qu’il ou elle est disponible. Son ex est toujours quelque part dans les parages et les applications de dating n’ont pas quitté son téléphone. Mis bout à bout, ce sont des signes de micro-infidélités. Ce comportement a un nom. Les Anglo-Saxons appellent ça du « cushioning ». « C’est quand on est en couple, ou presque en couple (pré-couple), et qu’on garde quelqu’un d’autre ‘au chaud’ ou sous le coude. Pas forcément en trompant en passant à l’acte, mais en entretenant une petite ambiguïté
« , explique la thérapeute Anissa Ali, interrogée par TF1info. Mais cette personne « pourrait servir de plan B si l’histoire actuelle se casse la figure
« , ajoute-t-elle.
L’autre comme option en cas de revers amoureux
Pour le docteur Bruce Y. Lee, les personnes qui adoptent le cushioning ont un attachement « insecure » et « pensent que votre relation actuelle ne durera pas
« . Dans Psychology Today
(nouvelle fenêtre), il explique que « cette inquiétude peut être particulièrement forte si votre partenaire ne supporte pas d’être célibataire
« .
Une vision partagée par Anissa Ali. « Certaines personnes ont très peur de se retrouver seules si la relation s’arrête, alors elles cherchent à ne pas tomber sans filet ou à se raccrocher à une nouvelle branche
« , explique-t-elle. Mais ce n’est pas la seule raison. Séduire et flirter booste leur ego et leur confiance en eux. « Il peut aussi y avoir un besoin de validation. Avoir quelqu’un qui vous trouve séduisant, drôle, intéressant, ça rassure. Ça dit : ‘si ça ne marche pas ici, je plais encore ailleurs’. C’est une petite perfusion narcissique en quelque sorte
« .
Bruce Y. Lee, professeur à l’université de New York, ajoute deux autres hypothèses qui expliquent le recours au cushioning. Le ou la partenaire n’est pas entièrement satisfait de sa vie actuelle et a conscience de pouvoir obtenir ce qu’il ou elle désire très facilement sur les applications de rencontre, celles-ci contribuant à « l’illusion qu’un partenaire de remplacement est à portée de clic
« . Ainsi l’autre peut préparer sa rupture et se faciliter la transition vers une nouvelle relation. Enfin, dernière théorie : votre partenaire est incapable de s’engager avec une seule personne et, il préfère garder ses options ouvertes afin de déterminer quel coussin est plus confortable. « On vit dans une culture de l’option et du swipe permanents. On veut aimer, mais sans trop renoncer, le confort du couple et parfois le frisson de l’alternative. C’est très moderne, très pratique… et, disons-le franchement, parfois assez peu courageux voire lâche
« , estime Anissa Ali.
Que faire en cas de « cushioning »
Dans les couples, la thérapeute recommande la prudence et rappelle que « tout like n’est pas un adultère miniature, et tout message n’est pas une trahison non plus. Sinon on devient tous inspecteurs de police conjugale sur le qui-vive, et ce n’est pas une vie
« . En revanche, certains signes peuvent tirer la sonnette d’alarme : « Une relation extérieure est toujours minimisée, quand il y a des messages réguliers, personnels, parfois un peu séduisants. Quand cette personne réapparaît surtout dans les moments où le couple va mal. Ou quand votre partenaire devient très défensif dès que vous posez une question simple
« ; énumère Anissa Ali.
En cas de suspicion, il est préférable d’aborder le sujet avec le ou la partenaire afin de partager les doutes et les préoccupations. Cette discussion doit être apaisée, honnête et sincère et la moins accusatrice possible. Elle servira également à savoir où chacun se situe dans la relation. « Vous pouvez souligner que vous ne voulez pas tirer de conclusions hâtives, mais que vous craignez que le niveau d’investissement de votre partenaire ne soit pas le même que le vôtre
« , propose Bruce Y. Lee qui conseille lui aussi d’observer les réactions de l’autre.
Par ailleurs, Anissa Ali recommande aux adeptes du cushioning de se demander à quoi sert le lien et de refermer les zones grises : « Moins de messages ambigus, moins de confidences qui devraient être dites au partenaire, moins de petits jeux de validation. On ne peut pas construire sérieusement quelque part si on garde toujours une porte entrouverte ailleurs
« . La communication entre les partenaires est également essentielle, elle permet de travailler sur des solutions, si le couple va mal ou de rompre « si on ne veut plus être là
« . Pour Anissa Ali, « s’engager, c’est choisir de ne pas nourrir ce qui fragilise le lien. Le cushioning, au fond, c’est moins une histoire de désir qu’une histoire de courage relationnel, dont l’époque peut parfois manquer cruellement ».

