- En cinquante ans, le niveau moyen de testostérone chez les hommes a diminué de moitié, soit une baisse de plus de 1% par an, affirme une nouvelle étude.
- Si l’augmentation des taux d’obésité et de diabète explique en partie cette diminution, ses auteurs suggèrent que les facteurs environnementaux ont aussi un rôle.
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Le niveau moyen de testostérone chez les hommes a chuté de moitié en l’espace d’un demi-siècle, selon une vaste étude dont les résultats ont été dévoilés, mardi 7 juillet, à l’occasion de la réunion annuelle de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie à Londres et dont le Guardian
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se fait l’écho.
Cette méta-analyse, compilant des données issues de plus de 8 650 études menées dans sept pays (Israël, États-Unis, Brésil, Finlande, Danemark) et portant sur 102.334 participants, met en évidence des baisses significatives des niveaux de testostérone entre 1972 et 2019, avec un rythme de baisse qui s’accélère après 2000.
La testostérone joue aussi un rôle essentiel dans les fonctions reproductives et non reproductives, expliquent les auteurs de ces travaux dans un compte-rendu transmis à TF1info. Ces
résultats soulignent la nécessité urgente d’élaborer des politiques de santé publique et cliniques, et d’étudier les causes environnementales et liées au mode de vie qui sous-tendent ce déclin, ainsi que son impact sur la longévité et la santé générale des hommes, soulignent ces scientifiques, en tirant la sonnette d’alarme.
« Nous sommes confrontés à une crise majeure en matière de santé reproductive masculine et elle ne reçoit actuellement pas suffisamment d’attention »
, a déclaré au Guardian
Hagai Levine, épidémiologiste et spécialiste en médecine de santé publique, l’un des auteurs de l’étude. « La santé reproductive est un indicateur très important de la santé générale »
, ajoute-t-il. Or, « nous vivons dans un environnement qui n’est pas idéal pour notre santé, que ce soit en raison de notre exposition aux produits chimiques, du climat ou de nos comportements en matière de santé »
, explique ce spécialiste.
Les facteurs environnementaux
Les taux d’hormones masculines varient selon l’âge et le mode de vie, mais des facteurs de santé comme l’obésité (qui augmente la conversion de la testostérone en œstrogènes) ou le diabète peuvent contribuer à accélérer ce déclin. Dans une moindre mesure, l’utilisation de produits à base de testostérone est pointée du doigt. Paradoxalement, ces derniers ont pour effet de diminuer la production de spermatozoïdes. Des études menées aux États-Unis et en Europe attribuent cette baisse des concentrations de testostérone à des facteurs environnementaux, pollution atmosphérique ou perturbateurs endocriniens.
Cette méta-analyse vient apporter un éclairage nouveau sur le déclin de la fertilité masculine et ses causes. Des recherches antérieures menées par la même équipe avaient déjà mis en évidence des tendances défavorables en matière de santé reproductive masculine, notamment en raison d’une baisse mondiale du nombre de spermatozoïdes. Des recherches complémentaires sont cependant nécessaires pour déterminer dans quelle mesure les facteurs environnementaux en sont la cause, outre l’obésité et le diabète.

