• Lors des soirées estivales, on peut régulièrement observer les insectes volants s’agglutiner autour des lumières.
  • En réalité, ils ne sont pas volontairement attirés par la lumière.
  • Une étude publiée en 2024 explique ce phénomène.

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Que vous soyez en extérieur pour profiter d’une soirée à la belle étoile ou en intérieur avec les fenêtres ouvertes, vous avez sans doute remarqué que les insectes volants venaient s’amasser autour des lumières. Si on a longtemps cru qu’ils étaient simplement attirés par la lumière, une étude parue en janvier 2024 dans la revue Nature Communications (nouvelle fenêtre) explique pourquoi les raisons sont en réalité plus complexes.

Contrairement aux humains, les insectes ne disposent pas d’un système vestibulaire pour s’orienter dans l’espace. Pour savoir où se trouve le « haut », ils se fient à la luminosité de leur environnement : le ciel, même la nuit, a toujours été plus clair que le sol. Ce repère naturel, fiable depuis des millions d’années, guide leur vol et leur évite de tomber ou de décrocher.

Des insectes qui confondent le ciel… et une ampoule

Durant leurs divers travaux, Samuel Fabian, de l’Imperial College de Londres et Yash Sondhi, de l’université de Floride, deux scientifiques spécialisés en comportement et physiologie des insectes, ont analysé le vol en 3D de dix ordres d’insectes différents. Grâce à des caméras infrarouges à haute résolution filmant à 500 images par seconde, et à une reconstitution des trajectoires en 3D dans la forêt nuageuse de Monteverde au Costa Rica, les chercheurs ont observé que les insectes ne volent pas vers la lumière, mais qu’ils lui tournent le dos.

Leur instinct leur commande de garder la source lumineuse dans leur dos, comme ils le feraient avec le ciel. Résultat : trois types de trajectoire apparaissent. Certains insectes tournent en orbite circulaire sans pouvoir s’échapper. D’autres montent en chandelle jusqu’à décrocher et perdre de l’altitude. Certains encore basculent complètement sur le dos lorsqu’ils passent au-dessus de la source lumineuse, et piquent vers le sol. La lumière est donc particulièrement importante au sein de leurs déplacements. Seulement, les lumières artificielles brouillent complètement ce système.

Une menace de plus pour des populations déjà fragilisées

Ce comportement, observé chez un grand nombre d’espèces nocturnes, n’est donc pas une attraction mais un piège évolutif. Épuisés par ces micro-vols en boucle, les insectes sont également plus exposés aux prédateurs et peinent à trouver de la nourriture ou des partenaires.

En plus de la pollution lumineuse qui se présente comme une menace pour eux, les populations d’insectes sont déjà en déclin généralisé à cause du changement climatique et de la destruction des habitats naturels. Selon des données satellite citées par l’étude, l’éclairage artificiel a augmenté de 2% par an au cours de la dernière décennie. Les chercheurs alertent notamment sur les lumières dirigées vers le haut, particulièrement dangereuses pour les insectes.

Éteindre les lumières inutiles, orienter les lampadaires vers le bas, équiper les luminaires d’écrans limitant la diffusion latérale permettent ainsi de protéger les insectes (tout en ne les prenant pas au piège chez soi). Certains territoires vont plus loin, en créant des « réserves de ciel étoilé » où la luminosité artificielle est strictement encadrée.

Jeanne MARTIN pour TF1 INFO

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