- Les clichés de vacances sont désormais pensés pour les réseaux sociaux, avec des critères précis.
- La pression pour des photos parfaites crée des frustrations chez les partenaires photographes qu’on surnomme les « Instagram Husbands ».
- Les femmes souhaiteraient être spontanément mises en valeur par leurs compagnons.
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Avec Elles
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Une photo de vacances n’est plus seulement un souvenir gravé sur papier glacé et glissé dans un album qu’on regarde avec nostalgie et tendresse plusieurs années plus tard. Aujourd’hui, une photo de vacances se poste sur les réseaux sociaux. Elle n’est pas qu’un souvenir, elle est presque une publicité marketing et doit répondre à plusieurs critères : un endroit « instagrammable », une mise en valeur, faire rêver les followers (et en gagner quelques-uns au passage).
Une enquête FLASHS réalisée pour Presse-Citron auprès de 1.001 Français âgés de 18 à 34 ans et en couple révèle que « pour beaucoup de femmes, une photo de vacances est bien plus qu’un simple souvenir. Elle doit être valorisante, spontanée et suffisamment réussie pour être conservée ou partagée
« .
Et cette pression de la photo parfaite pèse sur le/la partenaire en charge de prendre les photos. Et visiblement, les « instagram husbands
« , figure populaire sur Internet, ressentent des tensions et de la frustration à prendre encore et encore des photos jusqu’à obtenir le cliché parfait, validé par l’autre. « Près de 9 hommes sur 10 (87%) reconnaissent qu’être chargé de prendre les photos de leur partenaire est source d’au moins une frustration ou tension
« , note l’enquête. Parmi les difficultés soulignées par les personnes interrogées : réussir une photo conforme aux attentes de l’autre, devoir refaire plusieurs fois le même cliché, les désaccords sur les photos à conserver ou publier et l’impression que ces séances photo empiètent parfois sur les vacances.
Pour les femmes, les photos ne sont pas qu’un simple souvenir
D’autre part, l’enquête montre que ce sont les femmes qui sont aux commandes de l’album photo. En effet, quand il s’agit d’immortaliser les vacances, 60% d’entre elles déclarent que ce sont elles qui prennent le plus souvent des photos de leur partenaire, contre 32 % des hommes et elles sont plus de 9 femmes sur 10 à souhaiter que leur compagnon les prenne en photo sans qu’elles aient à le demander.
Le rôle de « photographe attitrée » et de responsable de l’album photo n’est pas sans conséquence : à force d’être derrière l’objectif, les femmes finissent souvent par disparaître des images elles-mêmes. Si les « Instagram Husbands » en ont marre de jouer les photographes, les femmes elles regrettent en effet d’être les grandes absentes des photos de famille, notamment. En effet, lorsque l’on se plonge dans les albums photos, ce sont souvent les mamans qui prennent en photo le reste de la famille. Interrogée par Le Monde
(nouvelle fenêtre),
la sociologue Irène Jonas, autrice d’une étude sur la photographie familiale, confirme : « Au quotidien, ce sont les femmes qui font les photos
« .
Dans un reportage réalisé par France Inter (nouvelle fenêtre), certaines mamans racontent avoir feuilleté l’album des deux premières années de leur enfant pour n’y trouver qu’une poignée de selfies flous, quand leur partenaire, lui, figure sur la quasi-totalité des clichés. Un paradoxe révélateur : celles qui portent la charge mentale du souvenir familial sont aussi, bien souvent, celles que ce souvenir finit par effacer. « À travers nos recherches, on observe que ce sont souvent les femmes qui gèrent le patrimoine familial, qui prennent les photos, les classent, les commentent et les partagent
« , souligne la psychologue Claudine Veuillet-Combier, à France Inter. Et de poursuivre : « Les femmes vont plus facilement partager l’intime photographique. Si les hommes le font, c’est plutôt du point de vue de la technique, du travail sur les images, de la performance photographique
« .
D’où le souhait, peut-être, exprimé par 93% des femmes interrogées par FLASHS de voir leur partenaire les prendre en photo spontanément, un peu plus souvent, notamment en vacances. « Pour les femmes, une photo prise spontanément par leur partenaire est souvent bien plus qu’une photo : elle est perçue comme une marque d’attention et de valorisation
« , indique l’enquête. Et d’ajouter : « La photo dépasse donc sa fonction de souvenir. Pour beaucoup, elle constitue aussi une marque d’attention et une façon de se sentir regardée et mise en valeur par son partenaire
« .

