- Dans le Gard jeudi 4 juin, les ministres de l’Intérieur et de la Transition écologique, Laurent Nuñez et Monique Barbut, vont formaliser la commande de deux nouveaux Canadairs pour la France.
- À l’horizon 2033, il y en aura donc 16 dans l’Hexagone. En attendant, 12 sont déployés cet été, repositionnés chaque jour en fonction de la météo des forêts.
- Dans le cadre du mécanisme européen, des pompiers italiens, grecs, roumains et slovaques viendront prêter main forte aux pompiers français cet été.
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Notre planète
L’an dernier, les 15.827 feux de végétation en France ont ravagé 30.000 hectares. Mais en réalité, une faible partie d’entre eux, 19 sur 15.827, ont brûlé plus de 100 hectares, représentant 54% de la superficie totale brûlée. Les deux feux les plus importants ont été ceux de Narbonne et de Ribaute, dans l’Aude. C’est ce type de flammes que redoutent les services de secours cet été. Et ce d’autant plus qu’avec le changement climatique, ces feux se déplacent, plus au Nord, et s’intensifient.
Des enjeux abordés jeudi 4 juin dans le Gard à l’occasion d’un déplacement commun des ministres de l’Intérieur et de la Transition écologique, Laurent Nuñez et Monique Barbut. Parmi les annonces attendues, l’agrandissement de la flotte de Canadairs de la France, conformément aux engagements pris par Emmanuel Macron après les incendies de 2022 en Gironde.
Les Canadairs positionnés en fonction de la météo des forêts
Cet été, la France aura 12 Canadairs en action sur le territoire. Deux autres, commandés en 2024 et financés en partie grâce à l’Union européenne, viendront compléter la flotte en décembre 2028. Jeudi, les deux ministres formaliseront aussi la commande de deux Canadairs supplémentaires, déployés en 2032 et 2033. À cette échéance, le pays pourra donc mobiliser 16 Canadairs.
Lors d’un échange avec la presse, le cabinet du ministre de l’Intérieur a rappelé que ces appareils, cet été comme les précédents, seront positionnés chaque jour en fonction du risque incendie. Celui-ci est évalué matin et soir par Météo-France dans le cadre de sa météo des forêts.
Déployée en juin l’an dernier, cette météo qui précise le risque incendie a d’ores et déjà été lancée cette année en raison de l’épisode de canicule que la France vient de traverser. Les appareils, tout comme les hélicoptères, seront prépositionnés dans des aéroports déjà identifiés en France, là où ils peuvent faire le plein d’eau et de retardateur.
Des pompiers venus de toute l’Europe
Pour lutter contre les incendies, la France peut aussi compter sur le soutien des autres pays européens, dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Ainsi, cet été, seront déployés 25 pompiers italiens auprès du Sdis 13 dans les Bouches-du-Rhône, 21 pompiers grecs dans l’Hérault, 40 pompiers roumains dans les Pyrénées-Orientales et 20 pompiers slovaques en Gironde. « Chaque pays d’Europe partage sa doctrine en matière de feux »
, explique le ministère de l’Intérieur.
« La France dispose de l’un des dispositifs les plus performants de l’Union européenne »
, poursuit-il. « Mais face au risque qui s’intensifie et qui s’étend, nous devons rester vigilants. »
Le ministère appelle, à l’approche des grandes vacances, à la « responsabilité de chacun »
et met l’action sur la prévention. « Sans prévention, il n’y a pas de lutte ou la lutte est défaillante »
, commente-t-on place Beauvau.
À ce titre, l’Office national des forêts a augmenté le nombre de patrouilles (186 patrouilles et 1.500 forestiers mobilisés cet été) et va renforcer les contrôles sur les obligations de débroussaillage. Selon une expertise collective du CNRS dévoilée la semaine dernière, le risque porte notamment à l’interface entre la ville et la forêt, où les départs de feux sont fréquents et font le plus de dégâts humains et matériels.

