- 12 millions… C’est le nombre de maisons exposées au risque de fissures en France.
- Une situation critique face à laquelle l’État a lancé il y a six mois un dispositif spécial, lequel s’est soldé par un échec.
- Les critères pour en bénéficier ont donc été assouplis. Le 20H de TF1 fait le point.
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Achat immobilier ou travaux : les aides pour les propriétaires
Chez Solveig, aucune façade de la maison n’est épargnée. « C’est la fissure la plus importante et elle impacte donc tout l’angle de la maison »,
montre-t-elle à notre équipe de reportage dans la vidéo du 20H de TF1 visible en tête de cet article. Les craquelures s’accumulent inlassablement. « On a ces fissures qui sont verticales, ces fissures qui sont horizontales »
, pointe-t-elle. Elle en compte une centaine sur ces murs. « C’est mal barré quoi, je me dis, ma maison elle est terriblement dévaluée à cause de ces fissures »,
poursuit-t-elle.
D’où vient le problème ? Du sol constitué d’argile qui agit comme une éponge au gré des saisons. « Le sol se rétracte quand il fait sec et se regonfle avec les pluies »
, explique la propriétaire. De quoi fragiliser toute sa maison. Et cette habitante de la Sarthe est loin d’être un cas isolé. Le changement climatique accentue d’année en année ces phénomènes extrêmes aux quatre coins de la France. Au total, 12 millions de foyers dans tout le pays sont aujourd’hui menacés par ce risque de fissure. Les enjeux financiers sont énormes et coûtent aux assurances et à l’Etat des milliards d’euros chaque année.
La fissure ne devait pas dépasser un millimètre.
La fissure ne devait pas dépasser un millimètre.
Dominque Goldsztejn, vice-présidente de l’association Urgence maisons fissurées
Face à cela, le gouvernement a lancé en septembre dernier une expérimentation dans 11 départements particulièrement touchés. Une enveloppe de 30 millions d’euros a été allouée pour établir des diagnostics et financer des travaux de prévention avant qu’il ne soit trop tard. Seulement, selon des mots du ministre de la transition écologique lui-même, le succès du dispositif est en demi-teinte. Voici les chiffres : 2000 dossiers déposés, 218 éligibles, et seulement 19 instruits. La présidente de cette association salue l’initiative mais pour elle, les conditions d’éligibilité de cette aide sont beaucoup trop restreintes. « La fissure ne devait pas dépasser un millimètre,
précise Dominque Goldsztejn, vice-présidente de l’association Urgence maisons fissurées, il fallait également qu’elle n’ait pas plus de deux étages la maison. »
Sous-sol compris, de quoi exclure de nombreux logements.
Pour elle, les conditions de revenus aussi étaient trop contraignantes et le reste à charge trop important pour les personnes éligibles. « On a du mal à penser quand même que des gens vont s’affoler entre guillemets avec une toute petite fissure alors qu’ils ont des problèmes de quotidien, mettre de l’essence dans leur voiture, nourrir leurs enfants et que d’un seul coup ils vont tout stopper et faire appel à ce dispositif »
, souligne-t-elle. Face à ce constat, l’état change de braquet et annonce cette semaine un assouplissement des critères. Largeur maximale d’une fissure revue de 1 à 5 millimètres et les maisons sur trois niveaux entrent dans le dispositif pour augmenter le nombre de bénéficiaires.

