- Une cinquantaine de chefs étoilés au guide Michelin mettent en garde, dans une tribune publiée dans Le Monde, contre une agriculture tournée vers la productivité.
- Ils appellent au contraire à basculer vers un modèle agricole moins intensif et plus durable.
Produire, oui, mais pas n’importe comment. Une cinquantaine de chefs étoilés au guide Michelin ont signé, dimanche 17 mai, une tribune dans le journal Le Monde
(nouvelle fenêtre), pour mettre en garde contre une agriculture tournée vers la productivité. Ils y appellent, au contraire, à basculer vers un modèle agricole moins intensif et plus durable.
« Ne nous trompons pas de combat : la compétitivité seule est un mirage ; la santé et la souveraineté, elles, sont des questions de survie »
, écrivent les signataires, parmi lesquels figurent Mauro Colagreco (Le Mirazur, Menton), Philippe Etchebest (Maison Nouvelle, Bordeaux) ou encore Emmanuel Pilon (Le Louis XV, Monaco).
Ces acteurs de la gastronomie mettent en garde contre les déclarations de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui avait invité à s’interroger sur « la taille critique »
des exploitations en France lors du dernier Salon de l’agriculture.
« Pour les défenseurs du sol et de ses produits que nous sommes, c’est se tromper autant sur les causes que sur les solutions »
, estiment les signataires, dont le président de l’Umih, principal syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration, Thierry Marx. Pour les chefs, « notre compétitivité repose, en réalité, sur des vulnérabilités (….) d’autant plus grandes qu’elles ne font que gagner en intensité ».
« D’abord, parce que les terres agricoles se raréfient, à cause de l’utilisation intensive d’intrants, de l’érosion, de la pollution et de l’urbanisation »,
mais aussi parce « qu’au risque de la disparition des champs s’ajoute celle des agriculteurs »,
poursuivent-ils.
Avec la présidentielle de 2027 en ligne de mire, ils réclament deux mesures : d’une part, la création d’un « fonds foncier national » abondé par l’épargne citoyenne, qui permettrait d’aider les jeunes agriculteurs ou ceux qui connaissent des difficultés, et d’autre part, une réduction d’impôt « fléchée vers des outils qui créent de la valeur à la ferme ».

