• De fortes pluies pourraient créer des situations dramatiques dans les zones durement touchées par les feux de ces dernières semaines.
  • La cendre encore largement au sol empêcherait notamment l’eau de s’écouler, provoquant de vives inquiétudes auprès de la population.

Absente tout l’été, la pluie fait sa réapparition sur une partie du pays en cette fin de semaine. Un retour aussi attendu que redouté par les habitants des zones ravagées par les incendies. C’est le cas du Var, placé en vigilance jaune aux précipitations et aux orages par Météo France après avoir été en vigilance orange une partie de la journée. L’arrivée de ces perturbations est accueillie par beaucoup d’appréhension.

Tout dégringolera avec la première grosse pluie

Olivier Benhamou, maraîcher à Correns

« On est passés d’une anxiété à une autre. Ça fait un mois qu’on vit dans la crainte de quelque chose », reconnaît Olivier Benhamou. Maraîcher à Correns, il anticipe comme il peut sur les collines calcinées qui se trouvent au-dessus de sa production. Son arme secrète ? Une série de branches qu’il entrelace dans l’espoir qu’elles puissent « retenir et casser le flux de l’eau ». Les inondations ne sont pas rares dans la région. Mais sans végétation et avec cette cendre héritée des flammes, l’eau s’infiltrerait beaucoup moins dans le sol et ruissellerait davantage. « Il n’y a plus rien qui retient la matière, constate l’agriculteur en secouant la terre de la main. Tout dégringolera avec la première grosse pluie« .

Dans la commune voisine de Barjols, la maire est aussi sur le terrain pour prévenir ce qui peut l’être. « Si jamais il y a une forte pluie, les rochers vont descendre et il n’y a plus rien pour les retenir », remarque Cathy Venturino-Gabelle. Idem pour les nombreux troncs d’arbres au sol, vestiges de l’incendie du Gros Bessillon qui a brûlé 5.700 hectares. Sauf que ce feu n’a été déclaré éteint que deux jours plus tôt. « En 48 heures, on n’est pas magiciens et on n’arrive pas à mettre en œuvre aussi vite que ça » les mesures de protection, souligne l’édile. S’ajoute une crainte à plus long terme : si la terre est emportée par les eaux, la végétation pourra plus difficilement repousser.

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