• En 2024, le nombre de féminicides a atteint 107 cas, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente.
  • Des mesures de protection existent, mais ces outils présentent des failles.
  • D’après les associations, pour plus d’efficacité, il faudrait régulièrement associer les deux dispositifs.

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Il est en apparence semblable à tous les autres. Mais le téléphone « grave danger » sert en fait aux victimes de violences pour prévenir les forces de l’ordre en cas de menace. Et pour cela, il suffit d’appuyer sur un bouton. Il peut être confié aux victimes dès le premier signalement sur décision du procureur. 

Sur les 7080 actuellement possédés par la justice, 5600 sont entre les mains de femmes. Et l’année dernière, les forces de l’ordre sont intervenues à 3600 reprises suite à une alerte. Ce dispositif a aussi des limites. Il ne fonctionne pas dans les zones blanches. Et il faut plusieurs minutes aux forces de l’ordre pour intervenir, ce qui est trop long face à un agresseur déterminé et à proximité.

« Une charge mentale »

« On fait reposer la responsabilité de leur survie sur les victimes. C’est une démarche qu’elles doivent faire elles-mêmes. Ensuite, c’est quand même une charge mentale puisqu’elles doivent continuellement l’avoir avec elles. Se demander si elles vont l’enclencher ou pas », commente en outre dans le reportage en tête de cet article, Sylvaine Grevin, présidente de la fédération nationale des féminicides, au sujet des limites du dispositif.

Il existe un autre dispositif : le bracelet anti-rapprochement, muni d’un système GPS. Lorsqu’un agresseur entre dans un périmètre défini autour de la victime, cette dernière est prévenue. Et s’il se rapproche encore davantage, cette fois ce sont les forces de l’ordre qui sont alertées. Il y en a 641 activés en France, soit 9 fois moins que le téléphone grave danger. Pourquoi ? D’abord parce que pour être demandé par un juge, il faut que la procédure judiciaire ait commencé et que l’agresseur soit mis en cause ou mis en examen. Ensuite, si l’auteur et la victime vivent à moins de 4 km l’un de l’autre, ce dispositif n’est pas efficace. « C’est extrêmement difficile de pouvoir identifier les déplacements de l’auteur et la victime dans ce cas-là. Cela veut dire qu’il va y avoir des interventions multiples et intempestives des services de police », explique Me Isabelle Steyer, avocate spécialisée dans les violences conjugales.

Selon les associations, pour plus d’efficacité, il faudrait associer régulièrement les deux dispositifs. Mais en France, la justice ne le fait que dans de très rares cas.

La rédaction de TF1info

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