• Les mosaïques qui ornent la façade de la basilique du Rosaire, à Lourdes, ont été masquées avant l’arrivée du pape Léon XIV.
  • Elles avaient été réalisées par le prêtre slovène Marko Rupnik, accusé d’agressions sexuelles et psychologiques.
  • L’œuvre avait déjà été partiellement recouverte en mars 2025.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

Elles ont été dissimulées pour protéger les victimes. Les mosaïques réalisées par le prêtre slovène Marko Rupnik, omniprésentes sur la façade de la basilique du Rosaire, dans le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, ont été recouvertes avant l’arrivée du pape Léon XIV, qui est arrivé dans la cité mariale ce samedi 26 septembre. L’œuvre a été intégralement masquée en raison des accusations de violences psychologiques et sexuelles visant le théologien de 71 ans.

Un rappel douloureux des agressions

« La présence de ces mosaïques, et ce qu’on découvrait de leur auteur, était devenue pour (les victimes) un empêchement » de venir au sanctuaire, selon Jean-Marc Micas, l’évêque de Tarbes et Lourdes. Marko Rupnik, mosaïste de renommée mondiale, est accusé d’avoir exercé des violences psychologiques et sexuelles sur au moins une vingtaine de femmes pendant près de trente ans, notamment au sein de la communauté qu’il dirigeait à Ljubljana (Slovénie), aujourd’hui dissoute.

La basilique du Rosaire à Lourdes, au cœur du sanctuaire qui accueille 3 millions de visiteurs chaque année, est l’un des principaux sites accueillant ses mosaïques à l’esthétique rappelant l’art byzantin. Mais pour les victimes de violences sexuelles venues chercher à Lourdes un message de consolation, se retrouver face aux mosaïques du prêtre, exclu en 2013 de l’ordre des jésuites, est surtout un rappel douloureux de leur agression.

Des victimes qui n’ont « jamais senti un climat de solidarité » à leur égard

La présence des mosaïques sur la façade de la basilique fait depuis longtemps polémique. Dès 2023, Mgr Micas avait lancé une réflexion sur le sujet. En juillet 2024, il avait décidé de ne plus éclairer les mosaïques la nuit, et en mars 2025 de les recouvrir partiellement. « Le voyage du pape est l’occasion de la troisième étape : couvrir l’ensemble des mosaïques », explique l’évêque de Tarbes et Lourdes, qui a aussi décidé « qu’elles seraient définitivement ôtées de la vue » ensuite. 

Il devenait compliqué de maintenir ces mosaïques contestées, alors même que Léon XIV doit rencontrer, dimanche après-midi à Lourdes, plusieurs victimes de violences sexuelles au sein de l’Église en France. Selon Mgr Micas, le choix de recouvrir totalement les mosaïques de Rupnik « est apprécié par le pape ». Léon XIV avait demandé, peu après son élection en mai 2025, que toutes les illustrations de Rupnik soient retirées de la communication du Vatican.

Dans une lettre envoyée au pape mercredi, cinq femmes accusant l’influent prêtre et artiste slovène d’agressions sexuelles au début des années 1990 ont salué la décision de Mgr Micas, y voyant « un geste très fort et courageux ». Et ce « d’autant plus que nous n’avons jamais senti un climat de solidarité à notre égard », ont-elles expliqué, en déplorant par exemple de ne pas être tenues au courant du procès canonique intenté au prêtre slovène, pour lequel cinq juges ont été désignés au Vatican en octobre 2025. « Abusées et dénigrées, nous continuons à subir la violence dans un silence de plomb et l’indifférence de ceux qui ont été appelés à décider sur nos vies », ont-elles affirmé.

N.K avec AFP

Share.
Exit mobile version