• Un baby-sitter du Nord est soupçonné de viols et agressions sexuelles sur 18 enfants qu’il gardait.
  • L’homme d’une trentaine d’années avait déjà été condamné à cinq ans de prison en 2020 pour l’agression sexuelle d’un mineur dont il avait la garde.
  • La mère de l’enfant s’exprime aujourd’hui sur TF1.

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Le 20H

C’est une question qui taraude les habitants du Nord, après l’arrestation d’un baby-sitter accusé de viols et agressions sexuelles sur des enfants qu’il gardait : comment l’homme a-t-il pu continuer à travailler avec des mineurs, alors qu’il avait déjà été condamné pour des faits similaires ? 

En 2020, il avait écopé d’une peine de cinq ans de prison pour avoir agressé sexuellement un petit garçon, alors âgé de deux ans, dont il avait la garde. La mère de l’enfant s’exprime auprès de TF1, et explique n’avoir à l’époque rien soupçonné. « On s’en veut beaucoup, après, de ne pas avoir eu une sorte d’instinct », déclare-t-elle. 

Elle décrit un homme au-dessus de tout soupçon : « On ne pouvait pas rêver mieux, comme baby-sitter. Tout mignon, tout gentil, tout poli. » Plus de cinq ans après les faits, elle se dit aujourd’hui « très triste pour les enfants » victimes présumées, mais dit également être « très en colère contre la justice »

Pas de vérification sur les plateformes

Car après sa condamnation, l’homme avait interdiction d’exercer de nouveau une profession en lien avec des mineurs. Pourtant, entre mars 2023 et décembre 2025, il s’est occupé de 58 enfants, dont 18 sont aujourd’hui des victimes présumées. 

Le baby-sitter avait été recruté sur une plateforme dédiée à la garde de tout-petits. Ce type de site garantit confiance et sécurité aux parents qui font appel à eux, mais en réalité, ces plateformes n’ont pas l’obligation de demander des extraits de casier judiciaire aux personnes qui s’inscrivent pour garder des enfants. 

« On peut exiger que la personne nous présente ce casier judiciaire, mais nous ne pouvons pas nous-mêmes aller demander ce casier judiciaire aux services concernés », explique Martine Brousse, co-fondatrice de l’association La Voix de l’Enfant. 

Un point que le gouvernement aimerait changer : la Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El-Haïry, a annoncé en avril vouloir permettre aux particuliers de demander une attestation d’honorabilité pour la garde de leurs enfants. 

Cette attestation est obligatoire depuis le 1ᵉʳ octobre 2025 pour « tous les professionnels et bénévoles intervenant dans les champs de la protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant », rappelle le gouvernement sur son site. Cela concerne notamment les assistants maternels et familiaux, mais pas encore les baby-sitters recrutés sur ce type de plateformes, comme cela a été le cas dans le Nord. 

Dans le cas du baby-sitter nordiste, il avait ainsi continué son activité malgré l’interdiction liée à sa condamnation. C’est un voisin qui, en mai 2025, l’a dénoncé auprès de la police. L’enquête n’avait toutefois pas abouti, jusqu’en décembre dernier, lorsqu’une mère de famille avait porté plainte contre lui pour viol sur son fils. 

Le trentenaire est également accusé de viol et agression sexuelle sur un mineur avec qui il avait été en contact à l’été 2014, dans un centre aéré de Poitiers. Il est actuellement placé en détention provisoire. 

Laurene ROCHETEAU | Reportage TF1 : Lise CLOIX, Corentin MADERES et Vincent LAMHAUT

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