• Sur fond d’affaire Lyhanna, des magistrates ont décidé d’ouvrir leur tribunal aux citoyens.
  • Conscientes de la défiance envers la justice, elles veulent rétablir le dialogue.
  • Une équipe de TF1 était dans la salle du tribunal de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

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Mort de Lyhanna, 11 ans : après le drame, l’onde de choc judiciaire

Une salle d’audience ouverte à tous, et deux magistrates face à la population en plein exercice d’explication du fonctionnement du système judiciaire, c’est la scène à laquelle on assiste dans le reportage du 20H ci-dessus. « On a la corruption de mineurs, on a aussi toutes les autres affaires sexuelles, la pédopornographie, et on arrive déjà à 1000 procédures par an », rappelle la procureure Mariel Garrigos au cours de cette réunion publique en pleine salle d’audience. Dans le sillage de l’affaire Lyhanna, les deux femmes ont voulu retisser un lien et écouter toutes les questions qui leur étaient posées, en ouvrant le tribunal de Bayonne à des citoyens.

S’il n’y a plus de confiance, ça pose de vraies questions pour la démocratie.

Mariel Garrigos, procureure de Bayonne

Une dame du public évoque « une procédure qui dure depuis 8 ans et demi. Vous comprenez notre impossibilité à accepter ce genre de situation ? ». Un homme suggère : « Est-ce qu’au fond, les petits délits, les infractions routières ne devraient pas être traitées par l’intelligence artificielle ? ». « Vous évoquiez les délits routiers, mais ça, c’est pas grave jusqu’au jour où on tue quelqu’un. Et là, ça devient très grave », lui rappelle la procureure. « Pour ouvrir les portes comme ça de la justice, je ne peux que vous féliciter », lance un homme, applaudi par la salle.

Ce sont les deux magistrates qui ont décidé d’ouvrir le tribunal, dont la procureure, en plein réexamen avec les enquêteurs de toutes les procédures impliquant des enfants, comme l’a réclamé le gouvernement. L’affaire de Lyhanna est dans tous les esprits, cette petite fille retrouvée morte il y a 10 jours, alors que son meurtrier présumé n’avait pas été inquiété malgré plusieurs dépôts de plainte le visant. « On vit une séquence de crise, véritablement, et je ne voulais surtout pas que le dialogue soit rompu entre les gens et nous. Et s’il n’y a plus de confiance, ça pose de vraies questions pour la démocratie », estime Mariel Garrigos au micro de TF1.

23.000 procédures ont été enregistrées en 2025, et les dossiers s’accumulent. La présidente du tribunal tient à nous montrer une salle, le greffe du tribunal pour enfants. « C’est une masse de dossiers énormes avec des audiences chaque jour. On nous demande des choses qui sont au-delà de nos pouvoirs en réalité parce que nous sommes submergés et parce que nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur face à cette masse de dossiers. Nous sommes obligés tout le temps de travailler dans l’urgence », souligne Florence Bouvier. La présidente du tribunal de Bayonne a mis en place plusieurs mesures pour améliorer l’efficience du système judiciaire, mais elle attend toujours l’arrivée de nouveaux magistrats dans son tribunal.

La rédaction de TF1info | Reportage : Erwan BRAEM et Christophe BROUSSEAU

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