- Les amitiés réduisent le stress, l’anxiété et le sentiment de solitude.
- Elles favorisent la sécrétion d’ocytocine et améliorent notre santé mentale.
- Mais après 40 ans, il devient difficile de se faire de nouveaux amis, observe pour TF1info la docteure en psychopathologie Stéphanie Grousset.
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Une véritable amitié repose sur quatre piliers fondamentaux : la confiance, le respect mutuel, le partage et le soutien inconditionnel. Le philosophe grec Aristote estime qu’il existe trois formes d’amitié : l’utile repose sur l’intérêt mutuel et sur les services rendus, la relation plaisir se base sur des passions communes et l’amitié du bien est basée sur le respect mutuel et l’admiration. Cette relation profonde provoque un impact physique et mental important et plusieurs études scientifiques montrent que des amitiés fortes permettent de vivre plus heureux et en meilleure santé.
Ces dernières se construisent souvent dès l’enfance et se fortifient à l’université. Stéphanie Grousset, psychologue et psychanalyste clinicienne à Montpellier, appelle cette période « l’effervescence ». Elle la décrit pour TF1info : « Cette première phase de vie implique la scolarité et les
études supérieures
. Un brassage social s’opère avec un vivier de rencontres extrêmement conséquent au quotidien. Même si ce n’est pas forcément simple, il y a toujours beaucoup de possibilités de faire des rencontres. Les collaborations universitaires pour préparer des examens ou les acquisitions de nouvelles connaissances favorisent les besoins d’échange social. »
Plus tard, l’installation en couple, l’implication dans sa carrière, la charge mentale liée aux enfants ou à la gestion du quotidien réduisent considérablement le temps libre disponible. « On enregistre un creux et les personnes surfent sur des amitiés de jeunesse et quelques rencontres professionnelles. C’est concomitant avec la mise en couple et l’arrivée d’éventuels enfants. »
La parentalité apporte un second souffle amical. « La solidarité pour trouver des modes de garde, le besoin d’échanger des informations entre parents, le rituel de l’accompagnement des enfants à l’école offre des rencontres et des possibilités de tisser des liens d’amitié »
, reprend la praticienne. Mais lorsque les enfants s’autonomisent, notamment au collège, le « creux amical » revient hanter les parents : « Il n’y a pas cinquante solutions : soit ils entretiennent des liens sociaux créés au préalable avec des dîners ou des sorties, soit ils se replient sur eux-mêmes. Il y a une fatigue à tous les niveaux : physique, morale, sociale et ils se recentrent sur leur carrière professionnelle. »
Autour d’eux, les cercles amicaux très sélectifs créent des habitudes ancrées et les empêchent de les intégrer.
Indépendance émotionnelle
Avec l’âge, certaines personnes développent souvent une indépendance émotionnelle. Mais beaucoup se rendent compte qu’elles se sont isolées et finissent par en souffrir, détaille Stéphanie Grousset : « Cela devient plus difficile pour elles de retrouver des espaces où renouer du lien social. Les structures scolaires ne constituent plus des viviers. Il faut refaire des connaissances et créer des événements destinés aux rencontres. »
Dans son cabinet, la psychologue reçoit des quadras isolés tous les jours : « Ils se retrouvent englués dans des difficultés personnelles, intimes et psychiques. Mon cabinet ne désemplit pas et je dois refuser du monde. »
Les carrières les happent, les familles s’envolent et les accidents de la vie déstructurent leur tissu social : « Les séparations ou divorces deviennent extrêmement délétères pour la vie sociale. Elle s’écroule et il reste difficile de maintenir les liens lors de la renégociation sociale. »
Le décès des parents, le départ des enfants, la perte d’emploi et d’autres accidents de la vie intensifient le repli sur soi : « Ces situations peuvent générer des dépressions qui isolent. Les adultes se demandent comment se rouvrir aux autres et comment chercher de nouveaux amis »
, renchérit la psychologue. Certains s’attachent aux réseaux sociaux virtuels. « J’ai des patients qui me racontent la vie d’amis, mais je finis par découvrir qu’ils ne les ont jamais rencontrés. Cela reste un isolement physique »
, prévient la spécialiste.
Pour s’en sortir et retrouver des liens sociaux, il faut réaliser un gros travail sur soi, « pour faire renaître du désir et de l’envie de partage avec l’autre. »
Stéphanie Grousset reconnaît que c’est « beaucoup d’investissement personnel »
, passant par une recentration sur soi : « Il faut se demander ce qui compte, ce qui nous correspond, ce que nous avons envie de partager et parfois réinterroger ses goûts. Le sport et la musique, par exemple, deviennent de bonnes opportunités pour aller dans de nouveaux lieux de socialisation. Il faut aller dans des lieux où vous êtes susceptible de rencontrer des personnes qui vous correspondent. »

