• La canicule, à l’image de celle historique qui s’est abattue sur la France depuis le 18 juin, a aussi des conséquences sur les animaux.
  • Les poules vivent particulièrement mal les vagues de chaleur.
  • Si bien qu’elles pondent moins et font des œufs plus petits.

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Les animaux souffrent particulièrement de la canicule. Dans le milieu agricole, de nombreux ovins, bovins et volailles sont victimes de stress thermique (nouvelle fenêtre) qui les perturbe. Et ce n’est pas sans conséquence. Pour faire face à la chaleur, les poules modifient leur comportement et leur métabolisme. Résultat ? Elles pondent moins d’œufs et en font de plus petits, comme l’explique un article paru dans The Conversation (nouvelle fenêtre) le 18 juin 2026, rédigé par des chercheuses de l’Inrae et une experte de l’Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole.

Contrairement aux humains, les poules ne transpirent pas. Elles ne disposent pas de glandes sudoripares fonctionnelles. Leur plumage est naturellement isolant, ce qui devient un handicap dès que les températures grimpent. Pour évacuer la chaleur, elles adoptent alors plusieurs stratégies : elles s’étalent sur le sol, hyperventilent pour évacuer de l’eau et de la chaleur, cherchent l’ombre et les courants d’air, et boivent beaucoup plus. Mais surtout, elles mangent moins. Car réduire leur consommation d’aliments leur permet de limiter la production de chaleur interne. Un mécanisme de survie qui a cependant une conséquence : moins de nutriments ingérés, c’est moins d’énergie disponible pour la ponte.

Un métabolisme au ralenti

Les conséquences sur la production sont directes. Dans des conditions expérimentales à 32°C en continu (contre 22°C en temps normal), les chercheuses observent une baisse de production d’œufs de 15 à 30%. Même lorsque les nuits sont plus fraîches et permettent une récupération partielle, la qualité des œufs reste dégradée.

La coquille est la première à en pâtir. L’hyperventilation entraîne en effet une expiration accrue de CO₂, ce qui réduit la disponibilité du calcium dans le sang. Or, ce dernier est indispensable à la formation de la coquille. Les œufs deviennent donc plus fragiles, dès les premiers jours d’exposition à la chaleur. Le blanc d’œuf, riche en protéines et en eau, diminue lui aussi en quantité. Quant au jaune, il se réduit plus lentement, car sa formation dépend du foie et de mécanismes métaboliques plus longs à se mettre en place. Au final, les œufs perdent en moyenne entre 0,4 et 1 gramme par degré au-dessus de 25 °C.

Les vagues de chaleur vont s’intensifier avec le temps, c’est pourquoi les chercheurs travaillent sur des solutions, d’autant plus que ces perturbations touchent aussi les poulets de chair. Leur croissance ralentit, ce qui allonge la durée d’élevage et fait augmenter les coûts de production. Si les pistes de races plus tolérantes à la chaleur sont étudiées, il est également possible d’améliorer la ventilation des bâtiments, d’adapter les horaires d’alimentation, ou encore de modifier les conditions d’incubation des œufs pour rendre les futurs poulets plus résistants.

Jeanne MARTIN pour TF1 INFO

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