• Invité de LCI ce dimanche 3 mai, Pierre Moscovici a salué les mesures ciblées du gouvernement pour répondre à la flambée des prix des carburants.
  • Le membre de la Cour des comptes européenne a cependant estimé que la situation budgétaire du pays ne permettait pas d’envisager des mesures générales « qui coûtent extrêmement cher ».
  • Le débat sur la taxation des surprofits « n’est pas fini », a-t-il toutefois jugé.

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Face à la flambée des prix du pétrole et à l’incertitude liée au conflit au Moyen-Orient, faut-il aider davantage les Français ? Invité de LCI ce dimanche 3 mai, Pierre Moscovici a alerté le gouvernement sur la situation budgétaire du pays qui ne permettrait pas, selon lui, de revenir au « quoiqu’il en coûte » invoqué par Emmanuel Macron lors de la crise du Covid-19. 

« Il faut des mesures ciblées », a estimé le membre de la Cour des comptes européenne, saluant à ce titre les décisions déjà prises par le gouvernement de Sébastien Lecornu, dont l’aide aux gros rouleurs déployée depuis samedi. En revanche, pas d’aides globales car « les mesures générales coûtent extraordinairement cher », a-t-il jugé, rappelant les fortes critiques émises par la Cour des comptes sur le « bouclier énergétique » en 2022. « Il ne faut surtout pas revenir à la politique du chéquier. Ce serait une erreur fatale », a insisté Pierre Moscovici, faisant valoir que le « signal » envoyé serait également « mauvais » au regard de la transition énergétique. 

« Le débat sur la taxation des superprofits n’est pas fini »

En outre, « nous n’avons plus les moyens », a prévenu Pierre Moscovici. « Nos finances publiques sont dans une situation extrêmement dégradée […] Nous avons un déficit qui est supérieur à 5% du PIB. Nous avons la troisième dette publique d’Europe, à 115-118% du PIB. Nous avons une charge de la dette annuelle qui va dépasser, et de loin, le budget de l’Éducation nationale, à 74 milliards d’euros ». Pour le membre de la Cour des comptes européenne, « cette charge de la dette ne cesse d’augmenter » et « le prix auquel nous empruntons ne cesse lui aussi de croître. Je le dis aux Français, on ne peut pas se permettre des folies sur les finances publiques »

S’agissant de la flambée des prix à la pompe, Pierre Moscovici a également soutenu l’initiative du gouvernement visant à « responsabiliser les distributeurs » pour qu’ils limitent leurs marges. S’il a repoussé la proposition du RN visant à réduire les taxes sur les carburants, qui coûterait selon lui « un milliard par mois », l’ancien ministre socialiste n’a pas écarté le scénario fiscal si la crise venait à s’aggraver. 

« La fiscalité, ce n’est pas ce qu’il faut faire en premier […] Mais c’est un instrument démocratique essentiel », a-t-il jugé. Si l’inflation venait à accélérer et si le prix du baril « était durablement au-dessus de 120 dollars », « il faudrait agir. De ce point de vue-là, le débat sur la taxation des superprofits n’est pas fini ». 

L’intégralité de la séquence est à retrouver dans la vidéo en tête de cet article. 

La rédaction de TF1info

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