• L’Anses alerte sur une réapparition de la rage dans plusieurs pays d’Europe centrale depuis 2021 après plusieurs décennies de recul.
  • Une hausse des cas chez les animaux sauvages et domestiques est notamment observée en Pologne, Roumanie ou Slovaquie.

Alerte à la rage. Dans une publication diffusée mercredi 10 juin (nouvelle fenêtre), l’Anses prévient d’une réapparition de la maladie dans plusieurs pays d’Europe centrale après des décennies de recul. Depuis 2021, les cas se multiplient au sein de quatre pays de l’Union européenne, que ce soit chez les animaux sauvages ou les animaux domestiques : la Pologne, la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie.

Selon les analyses de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, la première recrudescence de la rage (nouvelle fenêtre) a été observée en Pologne en 2021 avec 113 cas dénombrés sur des animaux, dont 103 dans la faune sauvage, principalement chez des renards. Une hausse importante alors que moins d’une dizaine d’entre eux étaient jusqu’alors infectés chaque année.

L’Anses relève ensuite une « seconde augmentation majeure du nombre de cas », cette fois en 2022, en Roumanie, Hongrie et Slovaquie, alors que les deux derniers n’avaient pas détecté de cas depuis plusieurs années. « Depuis, le virus continue de circuler, avec plusieurs dizaines de cas recensés certaines années et jusqu’à 109 cas identifiés en Roumanie en 2025 », pointe l’Agence.

Deux groupes de virus

Selon les travaux de recherche, « deux groupes de virus rabique circulent désormais dans ces pays, dont un nouvellement arrivé ». Il s’agit du groupe C de la rage, détecté en 2024 en Pologne et en Roumanie. Un variant du virus rabique « généralement présent dans le sud de la Russie, près du Kazakhstan, et dans l’est de la Turquie », pointe l’Anses, qui précise qu’il n’avait pas été détecté sur le territoire de l’Union européenne depuis une dizaine d’années. 

Cette souche s’ajoute au variant NEE, présent en Europe centrale depuis les années 1990.

La recrudescence de la rage en Europe centrale pourrait être liée aux conflits qui secouent le Vieux Continent : la plupart des cas détectés étaient situés, en moyenne, à moins de 50 km des frontières avec l’Ukraine et la Moldavie. 

« La recrudescence de la rage en Europe est une illustration de l’impact des conflits armés sur la santé et la faune sauvage, souligne Emmanuelle Robardet, directrice du laboratoire de référence de l’Union européenne, dans un communiqué. Le virus circulait en Ukraine avant la guerre, mais on sait que le nombre de cas a augmenté depuis. Il est possible d’imaginer que les moyens pour surveiller et contrôler la maladie ont été fortement perturbés ».

Par exemple, la vaccination de la faune sauvage qui se fait par largage du vaccin en avion « a été interrompue ou est réalisée manuellement et est donc plus difficile à mettre en œuvre » en Ukraine, détaille la spécialiste. Par ailleurs, la guerre peut engendrer la destruction de l’habitat et des ressources alimentaires des espèces sauvages, « ce qui peut entraîner sa dispersion et celle du virus », détaille l’Anses.

L’importance de la vaccination

Si la circulation du virus semble sous contrôle en Pologne, Hongrie et Slovaquie, grâce à la vaccination des renards roux, elle inquiète en Roumanie, qui a interrompu son programme. Sans ces vaccins, « le virus de la rage risque de continuer à se propager chez le renard roux, augmentant le risque d’infection des populations », prévient Evelyne Picard-Meyer, chargée de projet en virologie moléculaire au Laboratoire de la rage et de la faune sauvage.

Le virus de la rage est mortel chez les humains. Il est ainsi recommandé de se faire vacciner dès l’exposition à un animal infecté. L’Anses rappelle qu’en 2025, un homme est décédé de la rage en Roumanie après avoir été infecté par un chien errant. Il s’agissait alors du premier décès humain dû à la transmission de la rage par un animal au sein de l’UE depuis 2012.

La rédaction de TF1info

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