• Achille Muller fuit à 17 ans la Moselle pour s’engager au sein des Forces françaises libres.
  • Son combat lui a valu de nombreuses médailles, dont celle de la Résistance française, une distinction prestigieuse créée par le général De Gaulle.
  • Pour le 13H de TF1, il raconte certains de ses souvenirs.

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Le 13H

À 101 ans, le général Achille Muller est le dernier membre vivant des Forces françaises libres qui se sont dressées à partir de 1940 pour défendre la patrie contre les nazis. 86 ans plus tard, ce héros de l’ombre au parcours hors du combat revient sur ses souvenirs, intacts, de la Seconde Guerre mondiale. Son témoignage est à retrouver dans le reportage du JT de TF1, en tête de cet article. 

Originaire de Moselle, le jeune Achille, 17 ans, fuit sa maison, annexée par l’Allemagne nazie. S’ensuivent six mois d’errance où le jeune homme devra franchir, clandestinement, trois frontières et le détroit de Gibraltar, avec seulement une couverture et un revolver. « Je voulais libérer la France, c’est pour ça que je suis parti. On a fait 40 kilomètres. Le sang me sortait par les œillets des chaussures. Rien ne m’aurait arrêté. C’était une obsession chez moi », raconte-t-il.

Avec les premiers fidèles de De Gaulle, il choisit la section des parachutistes du Special Air Service, ancêtres des commandos britanniques. L’entraînement est épouvantable mais l’accueil est plutôt chaleureux. « Nous avions des plieuses de parachutes. Elles organisaient des bals et nous invitaient. Alors il y avait le kiss dance« , relate-t-il. « Les lumières s’éteignaient. Il fallait embrasser sa cavalière. Alors on se dit : on lui fait un french kiss ou pas ? Vaut mieux pas… sauf demande. »

En 1944, il prend part au Débarquement en Bretagne. L’atterrissage du planeur d’assaut est à la limite de la catastrophe. Il parvient toutefois à décharger le 4×4 embarqué. « Enfin en France », se remémore-t-il, soulagé. « Alors j’avance un peu, je saute de la jeep et, comme fait le pape, j’ai embrassé le sol. Bodolec (son lieutenant, ndlr) qui n’était pas un sensible, dit : Qu’est-ce que tu fais ? J’embrasse la terre de France », détaille-t-il.

J’aimais que les gens se rendent, je ne suis pas un assassin.

Le général Achille Muller

Mais de cette époque, le militaire garde bien plus de souvenirs de chagrin, de danger, de la mort, omniprésente. Comme ce jour où le groupe d’Achille est contraint de tuer sept soldats allemands avant qu’il n’affronte leur capitaine. « Moi j’attrape ma carabine, je le poursuis et je lui crie : Arrêtez ou je tire. Ce couillon s’arrête, me met en joue avec son pistolet. Je l’ai laissé faire. J’aimais que les gens se rendent, je ne suis pas un assassin », raconte-t-il. « Alors, il tire deux coups, il me rate. Moi je lui tire deux coups de carabine, je ne le rate pas. Dommage, j’aurais préféré ne pas le tuer », ajoute-t-il.

À la Libération, aucune joie pour ces hommes, éprouvés par la perte au combat de leurs camarades. Mais une certitude, la nécessaire union de l’Europe, et un besoin de vivre intensément. Lui n’a jamais cessé. Il y a moins d’un mois, il plongeait en chute libre avec la complicité d’un opérateur des forces spéciales, 64 ans après son dernier saut.

Des héros de l’ombre

Pour ses actes de courage, Achille Muller a reçu de nombreuses médailles. Parmi elles, la médaille de la Résistance française. Une distinction prestigieuse créée en 1943 par le général de Gaulle. 18 récipiendaires vivent encore. De leur côté, les enquêteurs de l’Ordre de la Libération espèrent toujours identifier et retrouver d’autres ultimes survivants, désormais centenaires. Une tâche fastidieuse puisque les noms de ces héros avaient été anonymisés pour protéger leur sécurité. 

« Ces gens-là se sont levés dans un sursaut d’honneur, de volonté, mais aussi d’espérance. Probablement qu’à un moment tout semblait perdu. Mais ces gens-là étaient debout et ont résisté. On leur doit, de manière collective, une vraie reconnaissance », rappelle le général Thierry Burkhard, délégué national de l’Ordre de la libération. 

Emma ALLAMAND | Reportage TF1 : Olivier SANTICCHI et Régis ROINÉ

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